Université de Bandundu
UNIBAND, Aller de l'Avant!
 
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE 
DU CONGO
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

UNIVERSITÉ DE BANDUNDU

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B.P. 548
Bandundu-Ville
Et si Longué Longué avait raison?
Moi Gracia Satim NDONA à gauche dans les bras de mon père , en fâce de moi, ma petite soeur Olivia Sona NDONA
Bonjour l´Afrique!
 
Je m´appelle Gracia Satim Ndona. J´ai 12 ans et suis née ici en Europe (dans la ville de Vienne, la capitale de l´Autriche) de l´exil de mes parents. Je suis issue d´une famille de trois filles et c´est de cette expérience de vivre en terre étrangère que je vous parle.
 
Je m´adresse d´une manière générale à tous les Africains, ceux qui sont nés en Afrique et se sont retrouvés ici en Occident pour certaines raisons sociales; à tous ceux qui sont nés en Afrique et s´y trouvent; tout comme à ceux qui sont nés en dehors de l´Afrique mais qui ont des origines africaines.

Gracia Satim NDONA 


 
 
Croix rouge
L´Afrique a été colonisée par l´Europe et il me semble que certaines valeurs culturelles et sociales ont été mal assimilées et ainsi ignorées par les puissances coloniales, d´après ce que me rapportent mes parents et les manuels d´histoire et de sociologie de l´épôque coloniale. Même si cela est vrai, je ne cesse de me demander s´il n´est pas possible de penser à...
PRIX DE LITTÉRATURE DES EXILES
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 Gracia NDONA interviewée par Jana Ribarich

JOURNAL QUOTIDIEN D’HISTOIRES DE SUCCES

http://m.kurier.at/lebensart/kiku/von-tagebucheintraegen-zur-erfolgsstory/38.996.721

Dernière mise à jour le 12/04/2013, 02:17

Écrits interculturels – sur la réussite et les textes des jeunes talents en exil

Prix de littérature 2013

 
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"La jeune fille a été entourée par des gens qu'elle se souciait et qui prenaient soin d'elle, mais elle se sentait seule devant ce problème. Elle avait espéré trouver des gens avec qui elle se sentirait à l'aise et pas autrement. Les gens qui ne la considéreraient pas comme une personne différente d'eux, des gens qui ne lui donneraient pas le sentiment d'être ce qu'ils pensent qu'elle est,  les gens qui ne lui imposeraient pas leurs sentiments, sentiments dans lesquels elle n'aurait pas à se comporter différemment de ce qu’elle est, afin d'être acceptée ... ".

  

Ceci est un court extrait (voir ci-dessous un autre) du texte primé de  Gracia Ndona à la veille de ses 19 ans, maintenant, elle est étudiante en commerce international. Dans « KEIN WEG IST LÄNGER ALS DER WEG VOM KOPF ZUM HERZEN » (traduction : «  Aucun chemin n’est plus long que la distance de la tête au cœur »), elle a remporté dans la catégorie des jeunes, l’un des deux prix de littérature des exilés en 2013, un prix que les très célèbres écrivains, Julya Rabinowich ou Dimitre Dinev remportèrent il y a plusieurs années avant.

 
Polyglotte

Ndona raconte dans une conversation avec le journal Kinder-KURIER, qui a été réalisée avec Jana Ribarich vainqueur de l'année précédente dans concurrence de la parole "SAG'S MULTI», qu'elle a grandi dans sa famille avec le kikongo et le français et qu’elle écrivait  exclusivement en - allemand – depuis des longues années. "Au départ c'était juste un simple journal quotidien qui plus tard fut développé en passion. Tout d'abord, il y avait des histoires de type fiction ", mais maintenant la jeune fille, écrit sur ​​des sujets auxquels elle est confrontée dans la vie quotidienne. Vos histoires sont créées "le plus souvent dans peu de temps de réflexion".

"Habituellement c’est seulement une petite idée dans ma tête. Ce qui est  fixe c’est le début et la fin de l’histoire. Puis, quand je m'assois, les flux d'idées jaillissent et l'histoire prend vie. "Lorsque le texte est fini, je le change et je le change encore 1000 fois ".

À l'heure actuelle, la jeune adulte travaille sur un nouveau texte. "Mais cette histoire gagnante a toujours été dans ma tête", a déclaré Ndona. Elle espère publier un livre après ses études.

Multicultures

Aussi sa co-lauréate, Amina Mahdy, explique dans son texte « In Between, Mein Leben in zwei Kulturen »  (traduction : «  Ma vie entre deux cultures ») exactement le même thème, d’une façon plaisante.

Amina Mahdy

 
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Le prix de groupe

Le prix de groupe est allé au lycée Piaristen (qui, par heureuse coïncidence, se trouve être celui –là même qui a formé Gracia Ndona). Leur travail se compose de plusieurs histoires courtes - textes individuels d'enfants et les jeunes de tous les niveaux y ont participés. La révision en ateliers avec des commentaires professionnels s’est faite avec les auteurs renommés comme Julya Rabinowich. Le thème s’intitulait « von gestern auf heute » traduction : «  d'hier à demain ». Ce sujet a bien sûr été interprété différemment par chaque élève. Ainsi ont émergé les différents essais.

Le professeur qui supervisait le projet avait encadré la classe jusqu’à ce que le dernier élève ait présenté son histoire. A la fin, la surprise et la joie étaient plus grandes, mais la déception aussi. L'éditeur avait imprimé tous les commentaires reçus dans le livre de différents prix, mais malheureusement, le professeur n’avait pas envoyé tous les textes des élèves.

C’est le cas de Melina Cernes – son long voyage de Vienne à Graz n’est pas dans le livre.  Graz c’est là où son meilleur ami a, en fait déménagé. Elle a apprécié les ateliers et la possibilité d'améliorer les textes. "Il était bon que l’on sache ce que l’on peut peut-être omettre ou mieux formuler". En outre, parler sur les textes n’est pas tellement bon. Philip Stoeger de la 8ieme, dont les écrits se basent sur la "créativité", dit qu’il "préfère écrire qu’en parler."

 
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Extrait « Aucun chemin n’est plus long que la distance de la tête au cœur »

Elle n'avait pas tenu compte qu'elle avait essayé à nouveau d'être différente. Elle n'avait pas pensé qu'elle avait fait l'effort de s'adapter et avait donc un autre sentiment. La jeune fille avait essayé d'être différente d'eux.

Elle avait cru que les autres, de par leur histoire, se sentaient aussi différents. Elle s’était convaincu d’expliquer cela aux gens. Leur monde avait changé. Sur son chemin, la jeune fille avait créé un chaos intérieur ...

Le fait d'être capable de parler à des différentes personnes dans différentes langues, est très positif et cela ne pouvait pas être une cause de la différence entre les gens, même si leur prononciation est différente de celle d'autres personnes. ...

C’était une vérité étant donné qu'elle était là, et maintenant elle pouvait voir cela comme un avantage.

La jeune fille avait finalement atteint sa destination, le voyage avait pris fin – elle avait atteint le chemin de sa tête à son cœur. Maintenant, elle est au courant de qui elle était et/ou est, et elle ne  permettrait plus à sa pensée de saborder son chemin. Vous pouvez interconnecter les parties de son histoire maintenant ... "

Gracia Ndona

 
Extrait « In Between, Ma vie entre deux cultures »

Non, ce n’est pas que je leur ai fait quelque chose. Vraiment pas.

Ce n’est pas non plus que je ne connaissais pas assez d’allemand. Pas du tout. Dans ma classe, j'ai toujours été la meilleure en allemand. C'est simplement parce que mes cheveux ne sont pas fait dans un salon de coiffure, mais naturellement, et ma peau n'a pas été grillé du brun dans un solarium, mais c’est parce que je détiens  cela de mon père qui a la peau foncée ...

Un jour, j'ai eu une image très frappante à l'esprit: un objet, vu des deux côtés, peut produire deux images différentes. Est-ce donc l'une des deux images ne va pas? Bien sûr que non. Au contraire. Les deux images fournissent ensemble une image plus complète de l'objet. C'est la même chose avec des vues. Les Autrichiens ont leur point de vue - les immigrés aussi le leur. Ce ne serait pas une belle vision de mettre sur pied deux perspectives à un horizon plus large? Puis-je faire une contribution?

Amina Mahdy

Photos de groupe de tous les lauréats y compris les organisateurs, les bienfaiteurs et certains auteurs

 

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Suspensions en cascades mais sans effets palpables.
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Pour mauvaise gestion, manque de respect de la hiérarchie et des leurs administrés, les maires de Bandundu et Kikwit ont été suspendus par l’autorité provinciale il y a de cela au moins trois mois.

La même mesure a frappée également certaines autorités académiques, notamment celles des universités de Kikwit et essentiellement celles de l’université de Bandundu (UNIBAND) pour des motifs similaires.
Populations et étudiants s’inquiètent du non-respect de ces mesures par les personnes intéressées et du manque de suivis de ces mesures par les autorités.

Nous demandons donc au Gouverneur de sauver nos villes et surtout notre université, celle de Bandundu, l’UNIBAND, car elle se meurt à petit feu par la gabegie de ses autorités.

Etudiant anonyme de l’UNIBAND.

La corruption dans les milieux scolaires et universitaires
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Les périodes des examens sont quelques-uns des moments les plus stressants de la vie des parents. Et le stress est aujourd’hui d’autant plus pesant que les établissements scolaires et académiques sont devenus le lit d’une corruption face à laquelle même l’autorité de tutelle broie du noir. A chaque rentrée, le corps enseignant, a déjà sa petite idée pour éponger le parent, l’élève et l’étudiant qui pointera le nez. La corruption, synonyme de manque d’intégrité morale, elle bloque le développement et détruit la morale des générations futures.


Pour mieux appréhender le fléau de la corruption dans le système de notre enseignement, nous avons suivi un séminaire de l’USAID qui traitait du thème de la corruption en milieu universitaire et ses manifestations au niveau social. Le séminaire s’était déroulé en novembre 2012, où étudiants(es), professeurs, et parents étaient invités pour sensibiliser les étudiantes sur les points dus au droit de cuissage. Nous en avons tiré une leçon.

En effet, la corruption dans les milieux scolaires et académiques est répandue et concerne surtout les filles. Le phénomène se déroule souvent au début et en fin d’année scolaire/académique pour les classes montantes et terminales. Le recours aux méthodes de corruption se fait pour réussir aux examens, acquérir coût que coût de bonnes notes, diplômes, être nommé ou promu à des postes de responsabilité. Elle devient alors un obstacle au développement durable, aggravant ainsi les disparités économiques (pauvreté), le manque de civisme.

Le contexte

La population du Bandundu est essentiellement rurale et peu qualifiée. Le taux d’alphabétisation est très réduit pour les hommes et surtout pour les femmes. Le taux de scolarisation est remarquable en milieu urbain et répond à la définition du quartier latin de la Province. Malgré l’importance de la scolarisation, la situation reste encore préoccupante en ce qui concerne l’accès et l’équité. Peu de filles vont dans les universités après leurs études secondaires.

Le salaire moyen d’un enseignant en RDC est dérisoire et varie selon le diplôme. Malgré cela, le salaire est versé régulièrement mais, ne permet pas aux enseignants de subvenir à leurs besoins. Ici s’installe le débat sur la corruption en milieu universitaire.

Développement

La corruption se manifeste en milieu scolaire/universitaire principalement durant les périodes des examens.

Et oui, la corruption lors des sessions et examens scolaires/académiques se présente sous trois formes :

1. la corruption met face à face des correcteurs et des parents d’étudiants dont l’objectif premier est la réussite de leurs enfants ;
2. la corruption peut se produire par des intermédiaires qui prennent de l’argent auprès des parents pour entreprendre des démarches auprès des correcteurs ;
3. des groupes d’enseignants ou de complices se forment principalement pendant les périodes d’examens pour offrir des services de fraudes et promettre le succès aux examens pour les étudiants. Ces enseignants connaissent souvent les membres des jurys des examens et demandent des sommes d’argents aux parents d’étudiants.
Ils proposent également leur service aux élèves/étudiants qui sont obligés de convaincre leurs parents, sans lequel, les étudiantes surtout sont soumises au droit de cuissage.

Le droit de cuissage parlons-en, c’est la pratique la plus citée au niveau des jeunes filles, elle se manifeste par l’entretien de rapports sexuels entre étudiantes et enseignants ou membre de l’administration dans le but d’obtenir des faveurs et des facilités.

La corruption se manifeste aussi à travers des cours de rattrapages, la vente de syllabus ou d’objets divers (droits d’auteur, droits aux examens, etc.), à des coûts variables d’un enseignant à l’autre, puis par la tricherie et la fraude.

Les lieux de corruption sont généralement le domicile du parent d’étudiant ou de l’enseignant ou encore des endroits convenus avec le corrupteur. Ce dernier exige soit de l’argent à défaut, le service sentimental (cuissage) de l’étudiante.

Cette corruption dans le milieu scolaire/académique est le fait de la pauvreté des parents, de l’éducation de base, de relation parent-enseignant et de la faible rémunération des agents de l’enseignement. Ce sont des causes importantes de la corruption dans les institutions académiques à notre avis. A ceci s’ajoute l’intégrité morale de l’enseignant, du parent, de l’étudiante elle-même et la baisse de son niveau.

Comparativement aux garçons, les filles sont plus exposées à cette pratique, du fait surtout de la peur de l’échec pendant les examens.

Les facteurs favorisants sont : l’environnement, l’ambition, les conditions de vie et la pauvreté.

Dans nos universités, les étudiants, les parents ainsi que le personnel administratif tombent dans le piège de la facilité. Le goût du travail ou de l’effort, n’habite plus ceux qui aspirent à obtenir des diplômes. L’enseignement baisse donc de niveau et les diplômes perdent de leur valeur. Elle endommage le futur social, économique et politique du pays, l’individu vient à croire que l'effort personnel et le mérite ne comptent pas et que le succès passe par la manipulation et le favoritisme. Sans accès équité à l’éducation ou encore avec une éducation de basse qualité, cela donne peu de chance d'échapper à une vie de pauvreté.

Les enseignements retenus lors du séminaire de l’USAID de novembre 2012 à Bandundu nous ont permis d’appréhender la corruption sous plusieurs aspects : éducatif, socioculturel, économique et politique.

Au plan éducatif, l’étudiant, centre de toute formation, il y a insuffisance de connaissance, voire l’ignorance de la définition de la corruption, et surtout en ce qui concerne les filles, la peur de dénonciation de ce fait les habite.

Au plan socioculturel, il y a les liens de parenté ou d’amitié, qui s’expriment parfois sous la forme de pression sur les professeurs et les membres de l’administration. Aussi, pour satisfaire les exigences des parents ou pour éviter leur sanction, les étudiants, surtout les filles, sont obligés de tout faire pour leur faire plaisir quel qu’en soit le prix. De plus, la recherche du gain facile, la perte des valeurs morales, sociales et religieuses, la démission des parents dans l’éducation de leurs enfants et leur intérêt beaucoup plus poussé vers les notes plutôt que l’enseignement même et l’effet de contagion sont des facteurs favorisants ce phénomène.

Au plan politique et institutionnel, l’on note l’insuffisance d’aides aux couches défavorisées qui perturbe le déroulement normal de l’enseignement universitaire. En d’autres termes, l’éducation reçue en famille, l’environnement scolaire et la nature de la personne même, sont des facteurs explicatifs de la corruption.

Cette situation a des conséquences sur l’éducation des étudiants et des filles en particulier mais aussi détériore l’image de l’université congolaise. D’où le souhait d’éradiquer le phénomène à travers des campagnes de sensibilisation et la création de cellules de lutte dans les universités et instituts supérieurs.

Ceci dit, notre société est créée des inégalités de tout genre.

L’enseignant, en cherchant sa perfection au niveau social est parvenu à détruire l’environnement académique. C’est pourquoi, en vue de régulariser la vie sociale, les lois élaborées doivent être rigoureusement appliquées enfin de remettre les anti-valeurs à la raison, faute d’obtempérer aux exigences légales la corruption persistera dans nos universités.

Cela revient à dire que chacun dans l’arsenal de ses responsabilités doit faire preuve de citoyenneté pour l’éducation de la masse.

L’homme doué de conscience et d’intelligence assure ses arrières et projette son futur en posant des actes de valeurs éthiques.

L’éducation de base, civique, morale, gage d’apprentissage à des grandes responsabilités incombe à tout un chacun à des différentes catégories.

Afin de dévoiler nos humeurs contre des anti-valeurs et d’aspirer au progrès et au développement durable de notre société, nous avons écrit pour peut-être inciter les autorités à prendre des mesures de prévention et de sanctions, surtout pendant la période des examens.

Même si dans le contexte de notre pays, le combat contre la corruption est difficile, le gouvernement peut aider à lutter contre la corruption en augmentant les salaires des enseignants, en appliquant les lois en vigueur, en luttant contre l’impunité.

Secrétaire Rapporteur Adjoint Anti-Fraude/BANDUNDU
Mbonsele Bayetwa Sylvie
Juriste

LA RURALITE DE LA VILLE DE BANDUNDU
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Bâtie sur la rive droite du Kwilu, à environ 10 km en amont du confluent de celle-ci avec la rivière Kasaï dans une zone de savane boisée, à quelques pas de la forêt équatoriale, BANDUNDU, anciennement Banningville (d'après Émile Théodore Joseph Hubert Banning, www.uniband.org ) est le chef-lieu de la province administrative qui porte le même nom, depuis 1971. Située à 432 km de Kikwit, Bandundu a le potentiel d’émouvoir un nouvel dynamisme touristique, orienté vers l’apprentissage et la conscientisation environnementale et sociale.

Agriculture de plaine et pêche s’y côtoient, à proximité de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo. Un potentiel de développement micro-économique sous forme d’écotourisme limité pourrait impliquer une gestion quantitative de l’offre et de la demande d’hébergement, et de l’étendue spatiale des déplacements touristiques et leurs impacts sur l’environnement.
Mais pour y parvenir, Bandundu-Ville est confrontée à un manque de connaissance et de reconnaissance tacite de la part de l'Etat qu’elle doit nécessairement combler. La ville de Bandundu est traitée avec une lecture urbaine et technocratique. Conséquence : elle souffre depuis sa création en ville d'une absence d'aménagement du territoire qui se traduit dans tous les secteurs hormis le traçage des avenues qui respecte les normes de base de sa création. Concernant la mobilité, indispensable au travail aujourd'hui, les habitants de Bandundu, une ville à caractère rural, sont confrontés à une double peine : ils n'ont pas de transport public. Le seul moyen de transport existant à Bandundu est le vélo dit « Toleka » transformé en moyen de transport. Ce moyen de transport rudimentaire est du reste trop cher pour des densités de population parsemées, et qui doit se l’offrir au coût prohibitif. Ajouter à cela la tracasserie policière et le manque de respect de règles de circulation. Les Tolekistes ou conducteurs de vélos sont maîtres des routes, ils sonnent à tout bout de champs et empêchent ostensiblement la circulation des paisibles citoyen.
La solution serait d’utiliser un moyen de transport plus approprié comme le propose le professeur René Ngambele dans son article intitulé : « La problématique du transport en commun dans la ville de Bandundu » sur le site Web de l’université de Bandundu http://www.uniband.org/la_ville_de_bandundu_face_au_defi_du_desenclavement.ws, mais sans l’appuis du gouvernement central, et celui des institutions provinciales, cela sera difficile d’y parvenir et, pour ce, la ville de Bandundu risque de rester une ville très rurale de la République Démocratique du Congo vu la léthargie de ses dirigeants.
La ruralité outrancière que connait notre ville doit être refoulée par une politique d’urbanisation, celle qui résulterait de la volonté d'intégrer les fils et les filles de Bandundu ainsi que les politiques. Ceci constituerait un processus qu'on observe dans certaines autres villes du pays qui, hier étaient des villages et qui se transforment en villes modernes par la magie des fils propres de leur contrée. Ce processus conduit à effacer, la ruralité qui déshonore notre ville.


La ruralité de la Ville de Bandundu

Les premières choses qui frappent le voyageur en arrivant à Bandundu, ce sont, au premier clin d’œil, dans les grands ensembles les plus déshérités de la ville, les rangées d’échoppes en pisés alignées sur les canalisations d’eau et qui donnent l’aspect d’un site d’exploitation des minerais précieux où les exploitants s’installent les uns aux autres, à l'infini. Partout, de la musique avec une sonorisation à tue-tête pollue ostensiblement l’environnement. De l'intérieur de la cité dortoir, les avenues bien dressées évoquent parfois des champs laissés en jachères où l’herbe pousse sous l’œil attentif des habitants depuis le départ de monsieur Banning, le créateur de la ville. Des manguiers envahissent partout les blocs d'habitation, rappelant un vaste potager vu du ciel, des brebis, chères ou de vaches y passent de temps à autre; de petites églises sont construites par les missionnaires pour réunir les chrétiens des quartiers périphériques de manière continue et surtout chacun des jours de fêtes religieuses. Dans les vieux quartiers et au centre-ville, des buvettes attirent des noctambules. Tous les lieux de la ville nous permettent de retrouver cette ruralité dans les attitudes, les habits, la parole et les gestes des habitants.
Les paysages de Bandundu sont imprégnés des contrastes touristiques, « la ruralité qui s'affiche en plein centre et des quartiers désarticulés », « ville pauvre avec ses petits vendeurs de rues, ses vélos Toleka», les marchés à chaque parcelle, des policiers assurant la circulation des vélos et arrêtant et rançonnant les cyclistes sans motif etc., font croire à une intrusion du village dans la ville ».


En conclusion

La spécificité du monde rural, qui selon Bernard Kayser dans « Les campagnes sont bien vivantes », Poïesis Architecture. Arts, sciences » est due à trois rapports particuliers que les habitants entretiennent avec leur milieu : un rapport avec un environnement physique, un rapport différent de l'individu à la société locale et un intérêt de la plupart des habitants pour la localité dans laquelle ils habitent, est encore présente dans la ville de Bandundu. Et cette ruralité est de plus en plus présente, elle risque de perdurer puisque le sommet même des hiérarchies urbaines de Bandundu se désintéresse de la modernité de la ville.
Aussi,
Nous habitants de la ville de Bandundu devrons sans déshonneur militer contre la ruralité de la ville pour une meilleure prise en compte de la spécificité de notre agglomération bien aimée dans la politique publique, qui passe par le maintien de l'activité dans certains cas et son développement dans d'autres.
Pour intégrer la ruralité à l’aménagement urbain que connait notre ville, il manque avant tout une véritable volonté politique.
Et ainsi, nous les enfants de Bandundu, féministes et étudiantes de l’université de Bandundu demandons la mise en place d'une mission institutionnelle provinciale et nationale sur la ruralité, qui touche tous les domaines, qu'il s'agisse de l'éducation, de la santé, du développement économique ou de l'agriculture.
Nous demandons aussi une révolution de la politique de l'habitat, pour inciter les populations à réinvestir les cœurs de villages et limiter l'étalement urbain dans des lotissements qui accaparent des terres agricoles. Enfin, nous pensons que, l'accent doit être mis sur la vie associative, qui souffre de moyens, et l'égalité de traitement entre les élus de la ville et les habitants. Nous nous demandons si aujourd'hui, notre ville reçoit les dotations de l'Etat pour son urbanisation, car notre ville ressemble plus à une grande agglomération rurale qu’à une ville, capitale provinciale. Nous en avons ras-le-bol d'être considérés comme des demi-portions.



Madémoiselle Moke
Vign_etudiante
Etudiante en troixième licence d'Agronomie

Université de Bandundu
© UNIBAND, la dernière mise à jour, février 2014