Les périodes des examens sont quelques-uns des moments les plus stressants de la vie des parents. Et le stress est aujourd’hui d’autant plus pesant que les établissements scolaires et académiques sont devenus le lit d’une corruption face à laquelle même l’autorité de tutelle broie du noir. A chaque rentrée, le corps enseignant, a déjà sa petite idée pour éponger le parent, l’élève et l’étudiant qui pointera le nez. La corruption, synonyme de manque d’intégrité morale, elle bloque le développement et détruit la morale des générations futures.
Pour mieux appréhender le fléau de la corruption dans le système de notre enseignement, nous avons suivi un séminaire de l’USAID qui traitait du thème de la corruption en milieu universitaire et ses manifestations au niveau social. Le séminaire s’était déroulé en novembre 2012, où étudiants(es), professeurs, et parents étaient invités pour sensibiliser les étudiantes sur les points dus au droit de cuissage. Nous en avons tiré une leçon.
En effet, la corruption dans les milieux scolaires et académiques est répandue et concerne surtout les filles. Le phénomène se déroule souvent au début et en fin d’année scolaire/académique pour les classes montantes et terminales. Le recours aux méthodes de corruption se fait pour réussir aux examens, acquérir coût que coût de bonnes notes, diplômes, être nommé ou promu à des postes de responsabilité. Elle devient alors un obstacle au développement durable, aggravant ainsi les disparités économiques (pauvreté), le manque de civisme.
Le contexte
La population du Bandundu est essentiellement rurale et peu qualifiée. Le taux d’alphabétisation est très réduit pour les hommes et surtout pour les femmes. Le taux de scolarisation est remarquable en milieu urbain et répond à la définition du quartier latin de la Province. Malgré l’importance de la scolarisation, la situation reste encore préoccupante en ce qui concerne l’accès et l’équité. Peu de filles vont dans les universités après leurs études secondaires.
Le salaire moyen d’un enseignant en RDC est dérisoire et varie selon le diplôme. Malgré cela, le salaire est versé régulièrement mais, ne permet pas aux enseignants de subvenir à leurs besoins. Ici s’installe le débat sur la corruption en milieu universitaire.
Développement
La corruption se manifeste en milieu scolaire/universitaire principalement durant les périodes des examens.
Et oui, la corruption lors des sessions et examens scolaires/académiques se présente sous trois formes :
1. la corruption met face à face des correcteurs et des parents d’étudiants dont l’objectif premier est la réussite de leurs enfants ;
2. la corruption peut se produire par des intermédiaires qui prennent de l’argent auprès des parents pour entreprendre des démarches auprès des correcteurs ;
3. des groupes d’enseignants ou de complices se forment principalement pendant les périodes d’examens pour offrir des services de fraudes et promettre le succès aux examens pour les étudiants. Ces enseignants connaissent souvent les membres des jurys des examens et demandent des sommes d’argents aux parents d’étudiants.
Ils proposent également leur service aux élèves/étudiants qui sont obligés de convaincre leurs parents, sans lequel, les étudiantes surtout sont soumises au droit de cuissage.
Le droit de cuissage parlons-en, c’est la pratique la plus citée au niveau des jeunes filles, elle se manifeste par l’entretien de rapports sexuels entre étudiantes et enseignants ou membre de l’administration dans le but d’obtenir des faveurs et des facilités.
La corruption se manifeste aussi à travers des cours de rattrapages, la vente de syllabus ou d’objets divers (droits d’auteur, droits aux examens, etc.), à des coûts variables d’un enseignant à l’autre, puis par la tricherie et la fraude.
Les lieux de corruption sont généralement le domicile du parent d’étudiant ou de l’enseignant ou encore des endroits convenus avec le corrupteur. Ce dernier exige soit de l’argent à défaut, le service sentimental (cuissage) de l’étudiante.
Cette corruption dans le milieu scolaire/académique est le fait de la pauvreté des parents, de l’éducation de base, de relation parent-enseignant et de la faible rémunération des agents de l’enseignement. Ce sont des causes importantes de la corruption dans les institutions académiques
à notre avis. A ceci s’ajoute l’intégrité morale de l’enseignant, du parent, de l’étudiante elle-même et la baisse de son niveau.
Comparativement aux garçons, les filles sont plus exposées à cette pratique, du fait surtout de la peur de l’échec pendant les examens.
Les facteurs favorisants sont : l’environnement, l’ambition, les conditions de vie et la pauvreté.
Dans nos universités, les étudiants, les parents ainsi que le personnel administratif tombent dans le piège de la facilité. Le goût du travail ou de l’effort, n’habite plus ceux qui aspirent à obtenir des diplômes. L’enseignement baisse donc de niveau et les diplômes perdent de leur valeur. Elle endommage le futur social, économique et politique du pays, l’individu vient à croire que l'effort personnel et le
mérite ne comptent pas et que le succès passe par la manipulation et le favoritisme. Sans accès équité à l’éducation ou encore avec une éducation de basse qualité, cela donne peu de chance d'échapper à une vie de pauvreté.
Les enseignements retenus lors du séminaire de l’USAID de novembre 2012 à Bandundu nous ont permis d’appréhender la corruption sous plusieurs aspects : éducatif, socioculturel, économique et politique.
Au plan éducatif, l’étudiant, centre de toute formation, il y a insuffisance de connaissance, voire l’ignorance de la définition de la corruption, et surtout en ce qui concerne les filles, la peur de dénonciation de ce fait les habite.
Au plan socioculturel, il y a les liens de parenté ou d’amitié, qui s’expriment parfois sous la forme de pression sur les professeurs et les membres de l’administration. Aussi, pour satisfaire les exigences des parents ou pour éviter leur sanction, les étudiants, surtout les filles, sont obligés de tout faire pour leur faire plaisir quel qu’en soit le prix. De plus, la recherche du gain facile, la perte des valeurs morales, sociales et religieuses, la démission des parents dans l’éducation de leurs enfants et leur intérêt beaucoup plus poussé vers les notes plutôt que l’enseignement même et l’effet de contagion sont des facteurs favorisants ce phénomène.
Au plan politique et institutionnel, l’on note l’insuffisance d’aides aux couches défavorisées qui perturbe le déroulement normal de l’enseignement universitaire. En d’autres termes, l’éducation reçue en famille, l’environnement scolaire et la nature de la personne même, sont des facteurs explicatifs de la corruption.
Cette situation a des conséquences sur l’éducation des étudiants et des filles en particulier mais aussi détériore l’image de l’université congolaise. D’où le souhait d’éradiquer le phénomène à travers des campagnes de sensibilisation et la création de cellules de lutte dans les universités et instituts supérieurs.
Ceci dit, notre société est créée des inégalités de tout genre.
L’enseignant, en cherchant sa perfection au niveau social est parvenu à détruire l’environnement académique. C’est pourquoi, en vue de régulariser la vie sociale, les lois élaborées doivent être rigoureusement appliquées enfin de remettre les anti-valeurs à la raison, faute d’obtempérer aux exigences légales la corruption persistera dans nos universités.
Cela revient à dire que chacun dans l’arsenal de ses responsabilités doit faire preuve de citoyenneté pour l’éducation de la masse.
L’homme doué de conscience et d’intelligence assure ses arrières et projette son futur en posant des actes de valeurs éthiques.
L’éducation de base, civique, morale, gage d’apprentissage à des grandes responsabilités incombe à tout un chacun à des différentes catégories.
Afin de dévoiler nos humeurs contre des anti-valeurs et d’aspirer au progrès et au développement durable de notre société, nous avons écrit pour peut-être inciter les autorités à prendre des mesures de prévention et de sanctions, surtout pendant la période des examens.
Même si dans le contexte de notre pays, le combat contre la corruption est difficile, le gouvernement peut aider à lutter contre la corruption en augmentant les salaires des enseignants, en appliquant les lois en vigueur, en luttant contre l’impunité.
Secrétaire Rapporteur Adjoint Anti-Fraude/BANDUNDU
Mbonsele Bayetwa Sylvie
Juriste