Université de Bandundu
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BANDUNDU-VILLE

Atelier sur la foresterie
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TENUE À BANDUNDU DE L'ATELIER SUR LA FORESTERIE COMMUNAUTAIRE

Bandundu, 14/09(ACP).-

L'atelier sur la foresterie communautaire, organisé par la Direction de la Gestion forestière du ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme, avec l'appui de la Banque Mondiale, a été ouvert jeudi dans la salle du gouvernorat de province dans la ville de Bandundu, à l'intention des autorités politico-administratives et des organisations de base, a-t-on remarqué.La ministre provinciale du Genre, famille et enfants, Dr. Esperance SHIDI qui a ouvert ces assises de deux jours, a invité les participants à l'assiduité tout au long de cette formation, relevant que la province du Bandundu regorge beaucoup de ressources forestières dont la plupart ignorent son utilisation. Le coordonnateur provincial de l'Environnement, Conservation de le Nature et Tourisme, M. MADIKANI, a indiqué dans son mot de circonstance que les enseignements de ce forum vont dissiper des lacunes sur la gestion rationnelle des forêts et de ses ressources fauniques et de la flore. Par ailleurs, le directeur national de la Gestion forestière, M. DJENGO BOSULU, a précisé au cours d'une interview qu'il a accordée à la presse que cet atelier consistait à échanger avec les autorités politico-administratives sur la gestion forestière, en vue de sensibiliser les communautés de base sur le nouveau concept.ACP/BUM/MaH.-
 
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La forêt congolaise bradée au prix d’une bicyclette : Au Bandundu, les exploitants artisanaux coupent des arbres à l’échelle industrielle
(L'Avenir Quotidien 29/05/2012)

Nous sommes devant la barrière où sont positionnés les militaires qui assurent la sécurité des installations d’une entreprise forestière « artisanale ». « Halte ! D’où venez- vous et qui vous êtes ? », C’est le militaire armé qui pose la question. Pour toute réponse, le sourire d’un membre de Greenpeace, qui lui répond « nous sommes venus vous voir ». « Moi ? », demande le militaire ? « Non, le responsable de cette entreprise », rétorque le membre de Greenpeace. Après quelques moments d’hésitation, l’accès est autorisé….

Le territoire de Bolobo, situé dans le district des Plateaux dans la province de Bandundu, a une superficie de 3.500km² environ. Il regorge d’une importante biodiversité notamment le Bonobo, l’éléphant, le buffle, etc. Sa population vit essentiellement de l’agriculture, la pêche, la chasse, etc. Les infrastructures sociales sont dégradées, les routes délabrées, l’accessibilité n’est possible que sur les routes privées aménagées.

Cependant, un constat est vraiment très amer dans cette partie du territoire national, les forêts sont envahies par des soi-disant « exploitants forestiers artisanaux », qui coupent des arbres à l’échelle industrielle.

Cette exploitation réservée aux hommes d’affaires congolais et qui ne devrait servir qu’à la consommation locale, est aujourd’hui devenue l’apanage des expatriés de tous bords – chinois, libanais, bulgare etc. – qui opèrent en toute impunité et avec la bénédiction des autorités congolaises (locales ou centrales ?).

Une situation chaotique qui inquiète dans la mesure où ces expatriés se comportent comme des maîtres sur un terrain conquis. Pire encore, ils bénéficient de la protection militaire, donc ils font partie des « intouchables » hautement protégés. A cause de cette présence militaire, leurs concessions sont difficilement accessibles, et donc incontrôlables, même par les agents commis à cette tâche.

Comment avoir des informations sur l’exploitation artisanale avec cette intimidation militaire ?

Un membre de l’équipe tremblotant murmure : « Je n’ai jamais vécu pareille situation depuis ma naissance… ». Quelques secondes de silence, puis un autre membre de l’équipe renchérit « mon père m’a toujours dit que qui ne risque rien n’a rien ». Cette phrase venue à propos, réconforte toute l’équipe.

Pendant que la forêt congolaise est systématiquement pillée et détruite, les populations riveraines, elles, continuent à croupir dans la misère. Elles ne sont pas suffisamment informées sur leurs droits et n’ont pas la capacité de négocier avec les exploitants « artisanaux », qui ne réservent que de petits cadeaux au chef de terre. « La forêt de mon pays est bradée au prix d’une bicyclette ! »

Le gouvernement doit annuler tous les permis artisanaux utilisés pour des opérations d’exploitation forestière industrielle, car cette pratique illégale contourne le moratoire sur les nouvelles concessions forestières industrielles.

Il doit par contre s’investir dans la préservation de la forêt pour notre peuple, notre biodiversité et notre climat.

Lepetit Baende et Augustine Kasambule (Greenpeace)

© Copyright L'Avenir Quotidien


La problématique du transport en commun dans la ville de Bandundu
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1. Etat des lieux

Le touriste qui foule le sol de Bandundu-ville pour la première fois est frappé par deux faits : l’absence du transport en commun et le grand nombre de vélos en circulation. Si la réhabilitation de la route qui relie Bandundu-ville à la Nationale n°1 a eu pour effet de faciliter l’entrée des véhicules dans la ville, ces véhicules restent essentiellement des véhicules personnels. Ni les quelques taxis mis autrefois en circulation par l’ancien gouverneur Richard Ndambu, ni les mini-bus de la société Sotraz introduits dans les années 1990 ne sont plus visibles dans les artères de la ville. Seul le vélo - baptisé ici Toleka  - règne en maître comme moyen de transport en commun.

La transformation d’inspiration « boyomaise » a le mérite d’être écologique, mais elle est loin d’être idéale pour assurer un transport en commun dans une ville. A l’inconfort du moyen s’ajoute l’insécurité : le vélo ne protège pas contre les intempéries, et en cas d’accident, le client n’a aucune chance d’échapper à la chute. Encore qu’aucune sécurité sociale ne lui est assurée en cas de dommages corporels.

Cela dit, je ne suis pas entrain d’en appeler à la suppression immédiate du moyen en vogue. J’en appelle plutôt à une réflexion publique sur les efforts à consentir pour que les trois cents cinquante mille habitants de la ville de Bandundu bénéficient des moyens de transport dignes de notre temps.

2. UnToleka  amélioré

La suppression du « Toleka » en tant que moyen de transport « public » est un projet à envisager à moyen terme, compte tenu des inconvénients soulevés plus haut. En attendant, il faut s’y accommoder moyennant l’encadrement de la profession et l’amélioration de l’outil.

La première mesure d’encadrement pourrait consister à regrouper l’ensemble de transporteurs du secteur au sein d’une association syndicale chargée d’assurer leur formation professionnelle et la défense de leurs intérêts.

La deuxième innovation pourrait venir de la création des sociétés de transport « Toleka » disposant d’un nombre important de vélos et engageant régulièrement des ouvriers pour assurer le service selon les normes du droit du travail. Oeuvrant sous la responsabilité d’un patron, les « tolekistes » engagés bénéficieront de tous les avantages que la loi reconnaît à l’ouvrier : un salaire minimum garanti, des heures de travail limitées, le droit aux congés, aux soins médicaux, aux allocations familiales, etc.

Et pourquoi ne pas penser à la mise en circulation des deux-roues motorisés et des tricycles couverts et motorisés, plus sûrs et plus spacieux ? Mais la solution idéale n’est ni le « Toleka amélioré », ni le tricycle motorisé, mais des moyens modernes de transport en commun, tel que le tramway.
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3. Le tramway, une innovation vivement souhaitée

Une bonne politique de transports est celle qui facilite la mobilité des usagers grâce à une adaptation rationnelle à la structure de la ville elle-même. La ville de Bandundu, avec son relief plat, ses avenues larges et rectilignes, son cadastre urbanisé, son sol stable et son potentiel énergétique, se prête bien à recevoir le tramway, cette forme de transport en commun urbain ou interurbain à traction électrique qui circule sur des voies ferrées équipées de rails plats (alors que ceux des trains sont légèrement inclinés vers l'intérieur de la voie).

L’installation du tramway dans la ville nécessitera certainement un investissement important. Mais elle présente des avantages qui sont autant de solutions aux problèmes que posent de manière récurrente le taxi et le bus. Déjà, rien que le fait de son implantation en site propre sur des rails est une garantie de pérennité qui lui épargne les tracasseries policières et, dans une certaine mesure, la rapide usure du matériel roulant. Par ailleurs, la régularité du tramway, dont la circulation est en principe chronométrée, permet aux usagers d’organiser leur emploi de temps.

Il est évident que le tramway ne remplacera pas les moyens traditionnels de transport en commun, puisqu’il ne pourra pas passer par tous les coins et recoins de la ville. Il en couvrira néanmoins et de manière régulière des zones importantes.

Mais quel que soit le mode de transport qui sera privilégié, il sied que les questions récurrentes de gestion soient résolues en amont. L’adoption des règles modernes de gestion d’une entreprise de transport et la collaboration des Pouvoirs publics sont à cet égard indispensables.

4. Une gestion moderne et saine

La gestion moderne d’une entreprise implique entre autres de disposer d’un fonds de roulement, d’un personnel compétent et d’une gestion rationnelle des recettes.

a) Un fonds de roulement
Nombre de Congolais qui entreprennent d’organiser un commerce quelconque se contentent souvent du capital initial. Dans le cadre des entreprises de transport, beaucoup se réjouissent de disposer d’un véhicule, sans plus. Ainsi, quand se pose la moindre difficulté, technique ou autre, un accident ou une panne, le propriétaire est incapable d’y faire face, et l’entreprise périclite immédiatement.
La raison de l’échec réside dans le fat que la constitution du fonds de roulement a été négligée au moment de l’élaboration du plan financier de l’entreprise. Les économistes définissent le "fonds de roulement" comme la partie des capitaux permanents (fonds propres +dettes à plus d'un an) qui excédent les immobilisations et qui peuvent donc servir à financer de manière durable et stable le "roulement des affaires" de l'entreprise, c'est-à-dire le cycle économique et financier de base.

b) Un personnel compétent
Le personnel d’une entreprise se recrute sur la base des critères de compétence et d’expérience. N’engager que des proches à sa gestion, dans le contexte de notre culture congolaise, c’est vouer l’entreprise à l’échec.

c) Une comptabilité saine
La séparation des comptes (le compte de l’entreprise et le compte du ménage) et la tenue du journal de caisse de l’entreprise font partie de ces dispositions qui assurent sa santé à la comptabilité de l’entreprise. Au lieu de thésauriser les recettes journalières, il est bon de les placer immédiatement sur un compte spécifique ouvert auprès de l’une des institutions bancaires de la place. L’entrepreneur évitera ainsi la tentation d’y mettre la main à la moindre sollicitation, se contentant de sa rémunération d’actionnaire ou d’administrateur.

5. La collaboration des pouvoirs publics

Impossible de gagner le pari d’une entreprise de transport en commun au Congo sans une collaboration assurée des autorités urbaine et provinciale. En principe, des lois existent qui définissent le cadre de l’exercice du transport en commun au Congo. Cependant, compte tenu des réalités locales du pays, je conseillerais aux transporteurs de signer un « code de bonne entente » avec l’autorité urbaine avant de s’engager. Cette convention déterminera de manière claire les droits et les obligations du transporteur, de manière à lui épargner les tracasseries de la part de la police et de l’administration urbaine, provinciale et centrale.

6. La responsabilité de l’État et des investisseurs privés

L’organisation du transport en commun dans une ville, comme sur l’ensemble du territoire national est prioritairement du ressort de l’État. C’est pour cette raison qu’est institué le Ministère du Transport au sein du gouvernement. Le premier rôle de ce département ministériel ne consiste pas à exercer son contrôle sur les transporteurs privés, et encore moins à les harceler, mais à organiser le secteur du transport. Ceci veut dire, à créer les conditions juridiques et matérielles qui facilitent la mobilité des personnes et des biens sur le territoire national. C’est bien dans l’intérêt de l’État que les citoyens accèdent dans les meilleures conditions possibles à leurs lieux de travail, de loisirs, de résidence, etc. Vu son intérêt général, le transport en commun mérite d’être reconnu comme un service public. Les initiatives privées en ce domaine doivent être encouragées par l’État, puisqu’elles sont un coup de pouce qui lui est donné.

NGAMBELE René, Professeur Associé

La ville de Bandundu face au défi du désenclavement
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Pour relever le défi de l’enclavement

1. Une ville enclavée

La ville de Bandundu a la chance d’être baignée par trois rivières, qui l’inondent en poisson et lui servent en même temps de voies naturelles pour accéder aux villes de Kikwit et de Kinshasa. Même si le transport personnel ne s’effectue plus par la voie fluviale en raison de la lenteur de ce type de locomotion, les baleinières et les bateaux gardent un avantage inégalable sur le camion et l’avion en termes de capacité et de coût de transport. Outre les avantages ainsi énumérés, les trois rivières et leurs cours d’eau adjacents arrosent généreusement la région au point d’en faire un paradis sur terre, propice à l’agriculture et riche en essences forestières. Son climat tropical, son relief plat, son sol argileux et ses larges avenues achèvent d’assurer à cette ville un destin de l’une des plus belles, des plus pacifiques et des plus prospères du pays. 
Pourtant, et malgré ces multiples avantages naturels, Bandundu reste une ville relativement enclavée, difficile d’accès, en raison de l’absence des ponts sur le Kwilu (au niveau de Buzala) et sur le Kwango (au niveau de Ngana-Mbo), et du peu d’entretien apporté aux voies qui la relient à Kinshasa (à l’Ouest), à Kenge (au Sud) et à Kikwit (à l’Est). Ainsi, ces trois rivières, qui sont pour elle une bénédiction, sont aussi paradoxalement des obstacles qui retardent son développement. Actuellement, aucune des routes conduisant au chef-lieu de la province n’est bitumée, et toute sortie de la ville en véhicule vers Kenge et vers Kinshasa reste soumise aux caprices des bacs et des « baquiers ». Face à ces obstacles, le trafic ne peut qu’en pâtir. Ce ne sont pourtant pas des raisons qui manquent pour plaider en faveur d’une modernisation de la voirie.
 
2. Des raisons pour relever le défi du désenclavement

1° - Il est évident que le désenclavement de la ville de Bandundu aura un effet d’entrainement immédiat sur le développement général des districts du Plateau et du Mayindombe, le Secteur de Kolokoso et le Territoire de Bagata tout entier.
2° - La connexion de ce vaste marché au reste du pays contribuera forcément à accroître le PIB national et à relancer certaines productions agricoles d’exportation - tels que le café, le maïs et le riz - qui avaient été abandonnées ces dernières décennies suite aux difficultés d’écoulement. 
3° - Bandundu est une ville dont la population est évaluée à plus de 450.000 habitants. En sa qualité de capitale provinciale, elle abrite de nombreuses institutions publiques. Elle mérite, en tant que telle, d’être reliée au reste du pays par des voies praticables.
4° - En sus, sa situation géographique fait d’elle une ville charnière entre Kinshasa la capitale et la ville de Mbandaka, à l’Équateur. 
5° - On peut imaginer aisément que, dans le sillage d’un tel mouvement, des investisseurs nationaux et étrangers s’intéresseront enfin aux potentialités jusqu’alors peu ou pas exploitées du sol et du sous-sol de ce bassin du Congo que le Roi Léopold II, en grand visionnaire, s’était réservé non sans raison comme son domaine privé. 
6° - On ne peut douter du fait qu’une circulation plus dense des biens et des personnes créera incidemment des liens sociologiques et sociétaux importants pour la consolidation de l’unité nationale.
Cependant, pour gagner le pari, une démarche rationnelle s’impose aux décideurs.

3. Les étapes du désenclavement

Les moyens à mettre en œuvre sont à la fois d’ordre politique, financier et technique.
Aux Pouvoirs publics revient la responsabilité d’inscrire la question à leur agenda, en indiquant clairement non seulement leur volonté de construire des routes et des ponts, mais aussi en définissant les mécanismes de financement des projets et les moyens adéquats pour exercer un contrôle sérieux sur la gestion desdits financements, la passation des marchés et l’exécution technique des travaux. 

On s’attend à ce que, dans un élan audacieux et volontariste, les autorités ordonnent, pour commencer, la réalisation d’une cartographie routière, qui distingue nettement les routes d’intérêt national de celles d’intérêt provincial, et de celles d’intérêt local. 
Cette cartographie rendue publique, il reviendra aux différents niveaux du pouvoir de concevoir les mécanismes de financement des routes relevant de leurs compétences respectives, quitte à lever des taxes et des péages, à contracter des emprunts, à organiser des travaux collectifs d’intérêt public, etc. Dans ce contexte, le gouvernement central aura en charge la construction et l’entretien des routes d’intérêt national; le gouvernement provincial s’occupera des routes d’intérêt provincial ; et les collectivités locales (les Secteurs et les Territoires) auront dans leurs compétences la construction et l’entretien des routes d’intérêt local. Et, pour s’assurer de la bonne gestion des fonds récoltés, il faudra prévoir, parallèlement aux dispositions légales définissant les mécanismes de financement des travaux, des organes de contrôle de la gestion financière et des organes chargés du suivi technique de l’exécution des ouvrages. Et pour éviter toute complaisance dans l’attribution des marchés, la loi doit imposer aux Pouvoirs publics concernés l’obligation de soumettre l’adjudication des offres aux règles ordinaires de soumission des marchés publics, qui impliquent notamment l’appel d’offres public, la sélection des soumissionnaires en fonction des critères objectifs de solidité des cahiers de charges et de l’équilibre entre le coût et la qualité du travail. 

Avec un peu de détermination politique, en mettant en même temps à profit les compétences techniques disponibles en ces différents domaines, on peut parier qu’en quelques années, le paysage cartographique de la province subira de notables modifications pour le plus grand bonheur de ses habitants. 

Le Congo profond ne rejoindra le train du développement et de l’industrialisation qu’en empruntant le chemin de la modernité routière. Pour la ville de Bandundu particulièrement, le défi n’est pas insurmontable. Avec une même volonté politique que celle qui a permis d’asphalter il y a trente ans les 500 kilomètres qui relient les villes de Kinshasa et de Kikwit, il est possible de sortir à moindres frais la ville de Bandundu de son isolement, tout en rapprochant la province de l’Équateur de la capitale nationale. La terre argileuse de cette contrée, son relief plat (non accidenté) et l’absence de grandes rivières sur les tronçons Mongata - Bandundu et Bandundu - Kenge, excepté le Kwilu et le Kwango aux portes mêmes de la ville, sont autant d’atouts qui faciliteront le travail des ingénieurs. 

Prof. NGAMBELE René  Nsasay 

L’Agriculture au secours du développement de la Rd-Congo.
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L’Agriculture au secours du développement de la Rd-Congo.
Quelles stratégies de lutte contre la pauvreté?

Plusieurs écrits, conférences et forums ne cessent de confirmer que l’agriculture constitue la priorité absolue du développement d’un pays. Mais la situation actuelle de la République Démocratique du Congo en ce domaine n'incite pas à l'optimisme : dans le secteur agricole où plus de la moitié de la population ne vit que de la paysannerie, la pauvreté est criante. Du point de vue du développement humain, ces individus sont totalement privés de possibilités de choix et d’opportunités qui permettent de mener une vie décente. Depuis des décennies, la politique congolaise d’encadrement de la masse paysanne empêche son épanouissement.

Pour remédier à cet état de fait, la RD-Congo doit évaluer concrètement les programmes de lutte contre la pauvreté en usant des méthodes révolutionnaires propres à son environnement sociologique ;
des méthodes qui permettent de répondre à de nombreuses questions telles que:

- comment rendre plus efficace l’encadrement des paysans congolais ?
- comment améliorer le bien-être de ces hommes et femmes à moindre coût ?
- comment lutter contre l’exode rural et comment privilégier la sédentarisation des paysans ?

L’agriculture est la réponse à cette série des questions . Elle est le préalable non seulement au bien-être social, mais aussi à la liberté de tout un peuple. En effet, en dépit du rétablissement de certains équilibres macroéconomiques et malgré les discours politiques volontaristes, la pauvreté persiste et n’a pas reculé d’un pouce en RD-Congo. Il nous faut donc nous rendre à l’évidence, que les stratégies suivies jusqu’à présent n’ont pas produit l’effet escompté. La croissance économique exclusive ne suffit donc pas pour lutter contre la pauvreté. A défaut de l’éradiquer à jamais, ne faut-il pas s’atteler à la réduire ? Comment s’y prendre ? Posons quelques jalons.

Les congolais, toutes générations confondues, se souviendront que depuis des années, le rêve de tous ses dirigeants est de faire de la RD-Congo « un territoire sans pauvreté». Les années Mobutu affichaient ostensiblement sa préoccupation pour la thématique de la lutte contre la pauvreté, pour faire du Zaïre d’alors « un grainier de l’Afrique ». Les législatures Kabila père et fils ont fait entrer la lutte contre la pauvreté dans leurs discours et leurs pratiques de développement. Aujourd’hui, au moment où se mettent en place les institutions issues des élections du 28 novembre 2011, le thème doit être transformé en véritable leitmotiv consensuel de toutes les provinces du pays pour son développement. C’est notre souhait le plus ardent.

De cette vision de la problématique de la pauvreté telle qu’elle se pose dans notre pays découlent deux observations logiques. Il s’agit d’une part de relever la dimension politique de la pauvreté à partir de laquelle toute politique de développement doit être construite. Il s’agit d’autre part de souligner l’intérêt que représentent, par rapport aux législatures passées, les ouvertures politiques et sociétales qui doivent intégrer les critiques formulées à leur égard dans les nouvelles stratégies à mettre sur pied contre la pauvreté.

Mais, avant de poursuivre notre plaidoyer, arrêtons-nous un instant et demandons-nous :

• Pourquoi sommes-nous pauvres ?

• Pourquoi la RD-Congo est si pauvre ?

• Est-ce parce que le congolais a toujours eu de faibles revenus ?

• Est-ce par manque d’instruction et de mauvaise santé ?

Non, c’est plus le système d’inégalité, les défaillances des programmes d’instruction, les barrières sociales, la vulnérabilité des personnes, l’ignorance des cultures et de la dignité humaine par ses autorités. S’y ajoutent les conséquences des conflits, la désarticulation du système économico-social issu directement d’une désarticulation entre l’autorité de tutelle et la population agricole paysanne.
 
Autrefois, le paysan congolais était fortement impliqué dans l’agriculture substantielle et industrielle étroitement elle-même liée aux conditions d’émergence de la Nation Congolaise en 1960. Aujourd’hui, cette situation est très paradoxale. D’une part, c’est le paysan le plus performant du continent qui a su hisser le pays au rang de grands producteurs agricoles mondiaux par l’émergence d’une culture paysanne très vivace en mode d’organisation autour de la famille élargie. Mais, cette culture paysanne a été bloquée dans son développement matériel par un Etat oligarchique qui ne privilégie que les intérêts personnels. D’autre part la crise d’emploi créée par l’inadéquation de la politique agricole constitue une des causes majeures de la crise sociale paysanne, la pauvreté au sens physique du terme.

Comment en sortir ?

Pour réduire tant soit peu la pauvreté en RD-Congo, les autorités ont l’obligation de dresser un programme stratégique pour cela. Ce programme ou feuille de route permettra de parvenir à des résultats qui bénéficieront aux paysans. Une telle stratégie donnera une perspective globale à long terme d’un développement harmonieux et durable qui contribuera à l’éradication de la pauvreté. (Lire : « Légitime ambition » sur http://www.uniband.org ).

Pour parvenir au développement durable, il faut des grandes infrastructures rurales qui permettront le désenclavement des zones rurales - la connexion avec les villes. Ce sont ces infrastructures qui détermineront dans une large mesure les coûts de commercialisation et par conséquent, réduiront sans forcer les choses, l’exode rural au profit de la sédentarisation des paysans. C'est dans les routes de desserte agricole, les grands axes routiers, les voies fluviales, les ponts et les bacs que doit aller le gros des investissements. Suivra ensuite le développement de la masse paysanne et de fait l’anéantissement de la pauvreté. (Lire : « Au Combat pour endiguer la malnutrition en RDC » sur http:// www.congoforum.be ).

La stratégie que nous proposons pour assurer une éradication durable de la pauvreté s’articule sur les volets suivants :

1. les conditions préalables :

a) Assurer un recensement systématique des groupes des spécialistes et experts congolais : des agronomes, du plus jeune au plus vieux encore actif, et ainsi chercher à remettre leurs compétences techniques au service de l’agriculture congolaise.

b) Recenser toutes les plantations et unités d’exploitations agricoles partout en RD-Congo, toutes les plantations industrielles et semi-industrielles étant en jachère forcée depuis des décennies.

c) Réhabiliter toutes ces plantations en mettant des compétences à leur service tout en évitant les erreurs de la fameuse zaïrianisation.

d) Créer des filières agricoles viables. La vision des filières agricoles en République Démocratique du Congo repose avant tout, sur l’engagement organisationnel de la Filière elle-même en vue de disposer, à terme, des instruments essentiels de planification, de gestion et d’aide à la décision susceptible d’asseoir des stratégies efficaces de développement, répondant au mieux aux aspirations socio-économiques des producteurs, expéditeurs, grossistes, distributeurs, détaillants et des consommateurs.
(Voir : « Un mot sur la filière agricole en RDC » sur http://www.uniband.org ).

2. Les secteurs prioritaires :

Réduire la pauvreté de façon significative signifie prioriser les secteurs clés de productivité du ressort agricole. Les secteurs prioritaires en ce qui concerne l’agriculture concerne les types des cultures qu’il faut obligatoirement réhabiliter (sic).
Il s’agit ainsi des cultures :

a) pérennes qui sont surtout des cultures d’exportation. Elles ont jadis fait et peuvent aujourd’hui encore refaire notre bonheur :

I. L’hévéa, dont les grandes plantations se trouvent à l’Équateur : Elongo, Boango, Bosinga, Watsi etc.

II. Le palmier à huile à Masi-Manimba, Lusanga, Mokamo dans le Bandundu, Yokamba, Bokoli, dans la Tshuapa et Bengamisa dans la Tshopo, Ebomba et Yaligimba dans la Mongala… (en 1958, la RD-Congo était premier exportateur mondial de l’huile de palme)

III. Le café dans presque toute la RD-Congo

IV. Le thé dans les Kivu

V. Le cacao dans le Bandundu et la Province Orientale

VI. L’ananas et la banane

Production (tonnes) des cultures pérennes en RD-Congo en 1958

       Production
           Production         Total          Exportations       % de la valeur
                                                                                                       totale des

CULTURE            industrielle           familiale                                                                          exportations De la RDC

Caoutchouc                 33.279                        3.576                  36.855             35.855                                           4,13
Huile de palme          74.680                      11.337                222.879 (2)    164.513                                          12,51 (3)
Cacao                             4.782                              19                     4.801               4.878                                            0,98
Café robusta               38.779                        6.608                   45.387            43.580                                            8,20
Café arabica (1)           7.281                      19.166                   26.447            26.579                                            5,47
Thé                                   2.523                                9                      2.532              2.465                                            0,39

Source: Van de Walle, Essai d'une planification de l'économie agricole congolaise, INEAC, Série technique No 16, Yangambi, 1960
(1) y compris le Rwanda Urundi
(2) y compris la cueillette des palmiers naturels
(3) y compris les fruits de palme et noix palmistes

b) vivrières (manioc, maïs, riz, arachide, haricot, soya, banane et plantain, pomme de terre, blé, canne à sucre…) dans toute l’étendue de la RD-Congo

c) maraîchères dans tout le pays et avec un point focal dans les Kivu.

d) autres cultures : le coton, la canne à sucre, etc.

Toutes ces cultures sont aujourd’hui à l’abandon depuis la période du pays-zaïre (sic).
 
Et donc :

La volonté politique de lutter contre la pauvreté dans le milieu paysan doit être présente en RD-Congo. Ceci est fonction de résolution des problèmes d’ordre technique, de manque d’argent, mais également des problèmes tels que la corruption ou les mentalités qui sont à l’origine des résultats souvent trop faibles des politiques publiques ou des réformes entreprises dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. En réalité, même si la volonté politique et les stratégies ne manquent pas, ce sont souvent le manque de moyens et l’application effective de ces politiques qui font défaut.

Pour cela :

Il faut établir un plan, qui doit être basé sur l’objectif de palier la crise économique, de garantir l’accès des paysans aux services de base dans un système démocratique consolidé, dans un exercice décentralisé du pouvoir public et un Etat de droit renforcé. Ainsi, le développement agricole est nécessaire et sera encouragé par le biais de distribution de terres et la livraison d’engrais à de petits agriculteurs, la fourniture des machines et d’équipements agricoles. Cependant, pour pouvoir réduire la pauvreté dans les milieux ruraux, le Plan devra tenir compte de la diversification des activités économiques dans les secteurs ruraux. Ainsi, pour parvenir à réduire la pauvreté, le gouvernement devra agir sur les principes suivants:

• Réorientation des fonds publics vers les secteurs ruraux les plus pauvres.

• Gestion publique efficace et transparente en matière de prélèvements fiscaux et de rationalisation des frais publics.

• Décentralisation des services de l’Etat.

Participation des citoyens pour garantir l’efficacité de la gestion publique.

Et enfin :

3. la mobilisation des ressources.

Par une démarche consensuelle et un contrat de solidarité, la RD-Congo doit aboutir à une stratégie fiable, réaliste et pragmatique. Elle doit donc fonder sa vision d’éradiquer la pauvreté en ce que les fruits de la croissance reviennent à tous. Il faut subséquemment que les congolais agissent ensemble et dès à présent, en se souvenant que la pauvreté est le produit de plusieurs facteurs, qu’il est possible d’identifier et de combattre.
En effet, si nous congolais n’arrivons pas à nous unir autour d’une initiative capable de réorganiser définitivement notre pays et d’améliorer durablement la vie de ses habitants, nous perdrons d’avantage une occasion qui ne se représentera pas de sitôt. Le Congolais doit oser lutter et vaincre pour s’en sortir.

La lutte contre la pauvreté en Rd-Congo doit d’abord être l’affaire des congolais. Ils le peuvent à la stratégie qu’ils adopteront pour la réduction de la pauvreté. Et cette occasion leur est offerte de belle manière par le biais de l’agriculture.

La pauvreté ne peut donc pas être utilisée par les gouvernants congolais comme un instrument pour asseoir leur domination, mais comme un phénomène social à éradiquer, ce qui est une question de légitimité, de dignité et de liberté.

La RD-Congo à travers ses autorités doit ressentir la nécessité de prendre en compte la pauvreté de la masse populaire, d’une part pour une question de justice, et, d’autre part, pour que cela puisse servir l’émergence d’un système de développement social.

La RD-Congo n’a pas besoin des pauvres pour justifier son existence et son engagement, mais elle a besoin d’être efficace dans sa lutte pour la réduction de la pauvreté. Pour ce faire, elle doit mettre directement en place un certain nombre de projets spécifiques capables d’apporter un soutien direct aux plus pauvres. Il s’agit des projets dont le but est d’effectuer des transferts directs au bénéfice des familles les plus pauvres parmi la population, en milieu rural comme en milieu urbain.

En RD-Congo, il n’y a pas que le diamant, l’or, le cobalt, le cuivre, le coltan,... qui peuvent amener au développement du pays. L’agriculture a été une source de revenu non négligeable de nos populations avant et pendant la colonisation. La réorientation des efforts vers une agriculture soutenue est donc l’une des voies de sortie de la pauvreté.

Nous espérons que cette contribution va aider à établir l'état des lieux. Ensemble avec l’aide et l’engagement de tout le monde, gouvernement, populations et experts, on peut parvenir à anéantir voir à réduire sensiblement la pauvreté en RD-Congo.

A Vienne/Autriche
Professeur Ndona Kayamba Roger
Chercheur,
Expert en production végétale
© UNIBAND, la dernière mise à jour, février 2014