Université de Bandundu
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Dans le cadre de son projet SFM-GHOA (projet de renforcement des capacités pour la gestion durable des forêts dans le cœur vert en Afrique centrale), le Fonds mondial pour la nature (WWF RDC), avec l’appui de l’Agence Norvégienne de Coopération pour le Développement (NORAD), avait organisé à Kinshasa en République Démocratique du Congo, du 28 au 30 novembre 2012, « un atelier de renforcement des capacités des ONG sur le monitoring des obligations environnementales et sociales des industries extractives en RDC ».

La raison fondamentale de la tenue de ces assises pour WWF était de vouloir former les OSC dans ce domaine des industries extractives dont l’intensification des activités se pointe à l’horizon. Les OSC avaient intérêt à s’approprier des mécanismes et outils capables d’assurer le monitoring environnemental et social dans ce domaine afin de contribuer efficacement à l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles en RDC.

Cet atelier s’inscrivait à juste titre dans la sphère de la vision et objectif de WWF sur les industries extractives.

Le principal objectif de l’atelier était de renforcer les capacités des ONG environnementales sur le monitoring des obligations environnementales et sociales des entreprises de l’industrie extractive en RDC. La province du Bandundu avait été choisie comme province pilote du dit atelier.

Cinq objectifs spécifiques avaient été visés
:
1. Former les participants sur les obligations environnementales et sociales des industries extractives (Mines, pétrole et huile de palme).
2. Définir un plan de monitoring dans les landscapes Salonga et Lac Tumba (province pilote de Bandundu)
3. Former 10 ONGs sur la méthodologie et les outils du monitoring de l’exploitation minière, pétrolière et d’huile de palme ;
4. Produire les outils et indicateurs simples permettant de suivre rapidement et d’établir un état de lieux sur le niveau réel de mise en œuvre des obligations environnementales et sociales des entreprises minières, pétrolières et d’huile de palme ;
5. Identifier les sites d’exploitation minière et autres (huile de palme & pétrole) dans les landscapes Salonga et Lac Tumba (Maï-Ndombe).
La province du Bandundu avait déléguée trois experts environnementaux : Monsieur MBOTIKA Pierrot, Géologue au Ministère des hydrocarbures, Monsieur Me KOLOLO KEMBO du Ministère de l’environnement et Monsieur le Professeur NDONA Kayamba Roger, expert en production végétale pour le compte du Ministère de l’Agriculture. Ci-dessous, les commentaires de WWF sur leurs interventions.
1. Etat de lieux des concessions agricoles (agro-industrielles) dans la province du Bandundu par le Professeur NDONA Roger
Mr le Professeur a présenté le panorama des industries agro-industrielles de la province de Bandundu en soulignant que cette province est agricole par excellence avec environ 191 concessions agricoles répertoriées en 2012. Les cultures vivrières et industrielles, l’élevage, la pêche et l’exploitation forestière constituent les potentialités de son économie.

En parcourant l’historique de l’industrie agricole du Bandundu, il a indiqué que celle-ci a commencée en 1910 et a connu son essor à partir des années 50 avec l’installation des grandes entreprises comme PLZ, JVL, CCP, etc. C’est grâce au produit de Bandundu que le Zaïre à l’époque fût placé au premier rang des pays producteur de l’huile de palme dans le monde.

Depuis le déclin de l’agro-industrie dans les années 70, l’exposant a présenté un tableau sombre et paradoxal de la situation de ladite province. A ce jour, seules 3 huileries d’importance moyenne fonctionnement. Il s’agit du Groupe GECOTRA basé à Mangaï et à Mokamo ainsi que la petite industrie extractive de Kimbili.

Par ailleurs, il a noté l’extension de l’exploitation artisanale par le recours à la pratique des malaxeurs pour l’extraction de l’huile de palme.
Sur les types de culture pratiquée dans le Bandundu, l’exposant a indiqué que cette province reste caractérisée à ce jour par la culture sur brûlis avec des effets néfaste sur l’écosystème, à quelques exceptions de ceux qui essayent de recourir aux techniques modernes. A titre illustratif, pour faire un champ de manioc il faut détruire toute une étendue de forêt.

Enfin, M. le professeur a présenté la stratégie de mise en œuvre de la remise à niveau du tissu agro-industrielle de la province en concluant que, pour lutter contre la déforestation, l’agro-industrie doit intégrer la notion de l’écologie pour : prévenir les risques de dégradation, développer les grandes variétés de paysage et d’habitats, protéger et renforcer la biodiversité, et lutter contre le changement climatique (il y a une forte déforestation à cause de l’agriculture sans observation des exigences de la protection et conservation de la nature).

Il a formulé une recommandation à l’endroit de WWF sur l’accompagnement des communautés locales et des industries agricoles dans la préservation des écosystèmes dans leurs activités agricoles.
2. Etat de lieux des hydrocarbures dans la province du Bandundu par M. MBOTIKA Pierrot, Géologue au Ministère des hydrocarbures
M. MBOTIKA a introduit son exposé par la présentation des trois grands bassins sédimentaires que possède la RDC, en précisant que seul le Bassin côtier (Bas-Congo) est producteur (25.000 bbls/jr). Les autres Bassins dont la cuvette centrale (renfermée dans la province du Bandundu, Equateur, P. Orientale, Maniema et Nord Kasaï) sont ouverts à l’exploration.

Le contenu de l’intervention de M. MBOTIKA a tourné essentiellement autour de la présentation des travaux de recherches pétrolières réalisés dans la cuvette centrale, plus précisément dans la province de Bandundu.

Les principaux sites à intérêt pétrolier dans le Bandundu sont : Tolo et Iyenga (situés à Kutu), Ilanga Nkole (situé à Oshwe), Isenge yangamba et Nkolelokwa (situés à Inongo) pour le bitume naturel, Kipala (situé à Bagata) pour le schiste bitumineux. Il a signalé que six compagnies pétrolières sont intéressées dans la cuvette centrale, notamment : COMICO, SOCO, ENI, SIGNET, etc.

Enfin, il a terminé son intervention en soulignant qu’il n’y a pas de production pétrolière ni de raffinerie dans le Bandundu. Il n’y a pas des travaux d’exploration de grande envergure réalisés par les compagnies pétrolières. Celles-ci attendent l’approbation de leurs contrats (CPP) par ordonnance présidentielle.
3. Etats de lieux des concessions emphytéotiques dans la province de Bandundu par Me. KOLOLO KEMBO
Expert Me KOLOLO a axé son exposé sur la situation foncière et la problématique d’accès à la terre dans la province de Bandundu. Il a signalé que le foncier du Bandundu est encore vierge, ses grandes forêts et plaines sont encore incultes. Il y a des vastes étendues qui ne sont pas encore exploitées. La province de Bandundu est caractérisée par l’existence des terrains à usage résidentiel, commercial, industriel ainsi que des concessions agricoles, agro-pastorales et d’exploitation forestière. Au nombre des causes qui sont à la base des conflits fonciers, l’exposant a noté :
- Conflit de compétence entre les services de l’Etat ;
- Auto-attribution des terrains par les autorités territoriales et municipales ;
- Conflits entre les communautés de base ;
- Conflits entre les divers services de l’Etat et les coutumiers ;
- L’inexécution des clauses de cahiers de charge et protocole d’accord signés entre les concessionnaires et les communautés de base.
En terminant son exposé, Me KOLOLO a requis le renforcement des capacités des acteurs intervenant dans le secteur foncier.
4. Etat de lieux de l’exploitation semi-industrielle et artisanale du bois dans la province du Bandundu par Mme FAIDA Viviane représentante RRN
Mme FAIDA a rappelé le cadre juridique de l’exploitation semi-industrielle et artisanale en RDC en faisant remarquer que l’exploitation artisanale des forêts n’est pas illégale contrairement à ce que d’aucun pense.

Elle a passé en revue la situation de l’exploitation forestière dans le Bandundu en insistant sur le fait que dans le territoire de Bolobo, district des plateaux, beaucoup d’exploitants industriels se sont déguisés en artisanaux. Elle a présenté le cas d’un exploitant artisanal qui exerce avec des engins lourds.

Des exploitants artisanaux qui travaillent de façon industrielle/semi industrielle.

Elle a fustigé la pratique de l’exploitation artisanale par les expatriés en violation de la loi. Mme FAIDA a terminé son exposé en souhaitant que le CLIP soit respecté dans l’octroi des autorisations de coupe de bois, et que les partenaires impliqués dans le projet APV/FLEGT assurent le suivi des coupes pour stopper les sorties illégales des bois.
Bandundu à l’heure de la réunification à travers la réfection de ses axes routiers
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Le jeudi 13 décembre 2012, à Bukangalonzo, localité située à 235 km de la ville de Kinshasa dans la province du Bandundu, ont été lancés les travaux de reconstruction et réhabilitation des routes de la Province par le Premier ministre, en présence du Gouverneur Jean Kamisendu.

La route n° 16 qui va de Bukangalonzo à Popokabaka dans la Province du Bandundu compte 157 km. Elle fait partie de la route nationale, qui va jusqu’à Kisantu dans le Bas-Congo.

La réhabilitation de cette route permettra aux usagers voulant aller dans le Bas-Congo d’effectuer ce voyage sans passer par Kinshasa, comme c’est le cas actuellement.

C’est une bonne chose, car cette route, dès qu’elle sera entièrement réhabilitée, elle assurera le désenclavement des villages lointains et à forte production agricole. Peut-être le début de la fin d'une famine qui sévi dans le Bandundu…, car, les échanges agricoles et commerciaux pourront aisément s’effectuer sur cette route et à travers elle, entre les populations de deux provinces sœurs de la République.

Selon les services d’Etat Congolais, les travaux de ce tronçon, qui devraient durer au moins une année couteront la bagatelle d’environ 10 millions des dollars américains, rien que pour la réhabilitation. C’est-à-dire, le nivellement et la réouverture de la route en terre battue. Le bitumage ne pourra intervenir que plus-tard.

Prof. Ndona K. Roger
Bandundu: Découverte d’une nouvelle mine du diamant à Idiofa
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Décidemment, la RD-Congo est un territoire à la fois béni et maudit géologiquement.

En effet, il ne passe jamais une année sans qu’on ne parle du sous-sol congolais. On va de découvertes en découvertes. Tantôt on découvre un nouveau minerai dans un ancien site, le cas de cassitérites dans les Kivu, ce qui attire les convoitises et les ennemis, tantôt, ce sont carrément des nouveaux sites qui sont découverts là où on les attendait le moins. C’est le cas du nouveau site de mine du diamant, découvert récemment dans le territoire d’Idiofa dans la province du Bandundu.

Ce nouveau site est situé en plein territoire d’Idiofa, donc dans le centre du pays. Et déjà, la clandestinité des creuseurs y fait lit. Donc en quelque sorte, un début des conflits surtout que ce site est situé entre deux villages voisins.

C’est ici que nous appelons à la vigilance de l’administration provinciale du Bandundu de prendre des mesures adéquates et efficaces dès maintenant, pour éviter le drame à répétition que vivent nos frères du Kivu. Il faudra dès à présent prendre des dispositions pour que l’exploitation du diamant dans ce site n’échappe pas au contrôle de l’administration Provinciale et au de-là, de l’Etat congolais.

Prof. Ndona K. Roger

La forêt se meurt dans le Bandundu
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Un bateau accosté au port fluvial de Lumbu anciennement Dima, à 12 km de Bandundu, c’était le 24.11.2012.

On se demande si l’exploitation d’une telle quantité de bois est légale. On se demande encore si l’Etat provincial voit dans quelle mesure la forêt se meurt dans le Bandundu. En plus on se demande si les populations locales profitent de ce qui pourrait bien être les accords sociaux que l’Etat signerait avec les sociétés qui exploitent les bois dans le Bandundu. That's a question.

En tout-cas, au terme d’un séjour de plus de 4 mois et d'une enquête dans le Bandundu, nous n’avons remarqués aucune infrastructure sociale (école, hôpital ou route) des exploitants forestiers au profit des populations locales.

Au bout donc d’une enquête minutieusement menée avec le concours du centre de Recherche Agricole « NutriCong », nous avons constaté qu’aucune population des zones d’exploitation forestière ne profite de cette surexploitation de la forêt bandundoise. Alors notre question : Est-ce-que les autorités sont au courant de la destruction abusive de la biodiversité de cette province ?

Fils et natifs du Bandundu, nous exigeons de l’autorité provinciale un contrôle efficace. Les mots seuls ne suffiront pas, il faut des hommes et des femmes qu’il faut à la place qu’il faut. Si non, la forêt du Bandundu se meurt et avec elle, sa biodiversité et sa population.

Prof. Ndona K. Roger

© UNIBAND, la dernière mise à jour, janvier 2017