Université de Bandundu
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DU CONGO
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SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

UNIVERSITÉ DE BANDUNDU

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B.P. 548
Bandundu-Ville
LES CINQ FLÉAUX QUI FREINENT LE DEVELOPPEMENT DU BANDUNDU
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Alors que pour la première fois, un gouvernement provincial organise une conférence pour le développement du Bandundu (CODEBA), consacrée à la situation socio-économique de la province, une approche transversale, puisque les scientifiques, professeurs des universités, commerçants et société civile y participèrent. Au fond, depuis longtemps, plusieurs facteurs contribuent au recul ou au freinage du développement socio-économique de cette province. Tous les indicateurs macroéconomiques sont particulièrement au rouge. Une spirale infernale pour la province la plus pauvre (l’indice de pauvreté humaine dans la Province du Bandundu, s’élève à 43,6 %, juste au-dessus de la moyenne nationale estimée à 41 % ) de la RD-Congo. La Province possède pourtant des atouts : elle est la Province agricole par excellence et s’ouvre sur la capitale Kinshasa, plusieurs autres provinces de la RDC et deux pays frontaliers (l’Angola et le Congo-Brazzaville), elle est dotée d’axes routiers denses dans sa partie Sud, des boulevards fluviaux qui la traverse de part à part, d’une biodiversité remarquable, d’une élite intellectuelle nombreuse et diverse, d’une population jeune et dynamique, capable de la booster au développement intégral sans trop de difficultés. Cependant, pour le redressement intégral, il faudrait que soient mobilisées toutes les ressources, tous les moyens dont dispose la Province, en les utilisant avec doigté, transparences et responsabilités, afin de combattre en même temps et efficacement les multiples fléaux qui la rongent. Parmi ceux-ci, nous en avons retenu cinq qui freinent son développement :

1. Un chômage record

Officiellement, le taux de chômage dépasse imperceptiblement les 83% dans le Bandundu. Toutes les tranches de la population sont touchées, beaucoup plus encore dans toutes les cités et les villes de Kikwit et Bandundu, très marquées par l’exode rural. Selon la FAO (RDC_IPC_Otobre 211), seuls 10% des populations bandundoises sont imposables (contre 57% en RDC). Avec sa biodiversité, la province a longtemps vécu de son agriculture, pourvoyeuse d’emplois non qualifiés. Dans le Bandundu, il manque des milieux d’emplois pour subvenir aux besoins de la population. Le secteur des services publics est, de loin, le plus grand employeur (plus deux tiers des emplois). Mais ce secteur compte trop de salariés mal rémunérés pour des raisons de déséquilibres budgétaires aussi bien au niveau national que provincial. Pour son développement durable, cette province doit profiter de l´opportunité que lui donne la constitution de la République du 18 février 2006, dans le cadre de la décentralisation et surtout de la législation nationale sur la fiscalité pour créer et mobiliser ses ressources propres afin d´affronter ses dépenses. La province a donc besoin d’attirer des cadres, avec leur pouvoir d’achat, leurs ressources fiscales. Cela suppose de faire venir des entreprises. De réhabiliter les moyens de communications, notamment les routes et de baliser les rivières, d’instaurer le secteur de transports collectifs dans les villes et agglomérations de plus de 1000 habitants. De réfléchir au désenclavement de la ville de Bandundu, du district de Maї-Ndombe (Kutu, Oshwe…) et de penser au tourisme des sites comme, les chutes Guillaume. Et enfin d’amorcer un véritable virage dans l’agriculture durable, cela appellera des emplois et réduira à suffisance le chômage. Pour que les entreprises étrangères viennent, la Province doit cependant pouvoir ouvrir la porte aux initiatives privées et créer un cadre favorable pour le partenariat public-privé. Pour cela, elle doit assurer à ses collaborateurs socio-économiques une sécurité juridique qui est aujourd’hui très importante dans la mondialisation des affaires. Bref, mettre en place une législation Provinciale attractive pour les investisseurs potentiels.
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2. Des jeunes sans perspectives

Bandundu doit essayer de rapprocher sa population des emplois disponibles. Le développement des métiers de service et de tourisme offre des débouchés. Mais cela suppose d’améliorer la formation dès les bas-âges. Actuellement, 65% des bandundois ne disposent d’aucun diplôme (contre 41,7% en RDC). L’absence de débouchés n’encourage guère les jeunes à s’investir. Une meilleure perspective pour la jeunesse nécessite un encouragement des parents et un investissement de l’autorité publique. Nous proposerions l’entrée à la maternelle dès 2 ans pour tous les bandundois. La mesure soulagerait de nombreux parents en proie à des problèmes de crèche, et permettrait aux gamins des cités d’apprendre très tôt les métiers. Ce qui motiverait les jeunes pour les métiers et plus tard, les études. Mais cela suppose d’ouvrir des classes dans toutes les localités de la province. Ceci dit, Bandundu de demain ne pourra être que ce que nous faisons de sa jeunesse aujourd’hui, c´est une question de sursaut et d’orgueil Provincial. Cela veut encore dire que, Bandundu doit avoir une vision dans une approche à moyen et long terme favorisant un climat favorable à l’éclosion d’une élite responsable. C´est une question de volonté politique tout azimut concernant les ressortissants de cette contrée. Nous devons commencer à développer notre Province à partir de la base pour régler le problème de l´exode rurale et de fuite de cerveaux dans l’avenir.
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3. Les transports, facteurs d’injustice

Le transport représente une des plus importantes activités humaines mondiales. Il est indispensable dans l'économie et joue un rôle majeur dans les relations spatiales entre lieux géographiques. Le transport crée des liens entre les Provinces et les affaires, entre les populations et le reste du monde. Le transport est un service qui intervient à plusieurs niveaux, touchant plusieurs aspects de nos vies. Il a une grande importance à plusieurs points de vue: Social, politique, environnemental, économique et géographique.
C’est un facteur de localisation. Depuis toujours, les transports ont joué un rôle dans la localisation des activités. Le contraire est aussi vrai; là où il y a une activité ou un intérêt, on a développé le transport pour rendre ce lieu accessible. Certains systèmes de transport ont favorisé la dispersion des hommes et des activités, d'autres leur concentration. Tous les systèmes sont porteurs de spécialisation et de configurations spatiales.
Les infrastructures de transport orientent l'habitat et l'implantation des activités humaines. Elles ont un certain pouvoir d'attraction. Les lieux d'échanges favorisent certaines fonctions. Les effets sur les activités ne sont pas toujours automatiques. Ils sont par contre importants lorsque l'infrastructure s'inscrit dans une logique de transformation sociale, économique et urbaine de l'espace desservi. Alors la nouvelle infrastructure joue un rôle accélérateur pouvant suffire à transformer l'espace. Et donc, le transport joue un rôle fondamental dans la localisation industrielle.
Pour que Bandundu soit attractive, il faudra que le gouvernement provincial trouve un mécanisme pour organiser le trafic urbain et interurbain enfin de remettre définitivement les gens au travail. Car, dans le Bandundu, celui qui n’a pas de voiture même s’il a un travail ne peut s’y rendre pour cause d’intempéries (pluies…). Et celui qui vit à Nzinda (Kikwit) ou à Malebo (Bandundu) et travaille au centre-ville ne peut non plus effectuer la longue distance à pieds. Pour pallier cette situation, voir l’article «La problématique du transport en commun dans la ville de Bandundu » du Professeur René Ngambele sur www.uniband.org. Ceci suppose de traiter des nœuds importants et coûteux de la part du gouvernement : Mise en place d’une politique très ambitieuse de transport.
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4. L’absence des grandes métropoles

Le Bandundu comme province compte deux agglomérations dites péjorativement villes. C’est vrai, qu’une ville est un milieu physique, où se concentre une forte population humaine, qui a aménagé cet espace pour faciliter et concentrer les activités humaines : habitat, commerce, industrie, éducation, politique, culture, etc. Mais, les principes qui gouvernent la structure et l'organisation de la ville sont étudiés par la sociologie urbaine, l'urbanisme ou encore l'économie urbaine. Si une partie de la définition est remplie pour nos deux agglomérations, l’urbanisme et l’économie urbains ne suivent pas. Bandundu, province pauvre, existe pour ses riches voisins (Kinshasa, les deux Kasaï, Angola et Congo). C’est là que se trouve la clé : doter la province des vraies métropoles correspondant au bassin de vie et permettant de partager les richesses autant que les dépenses. Leur absence empêche par ailleurs de mettre en place des politiques cohérentes en matière de transports, de logement et de développement économique. Quelles agglomérations cela pourrait-il concerner ? Kikwit et Bandundu dans un premier temps. Comme ce débat parait plus politique, seul un vote du Parlement provincial, permettrait d’imposer ces métropoles indispensables au redressement du Bandundu. Il nous faut une vraie politique d´urbanisation.
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5. Le clientélisme généralisé

Conformément, à notre Constitution, qui prône la justice, l´égalité, nous voulons que ces valeurs soient effectivement appliquées dans la vie quotidienne par les autorités Provinciales tant publiques, laïques que privées. Nous devons lutter pour la Méritocratie, qui est un gage pour le développement de notre Province. Chacun peut obtenir un emploi qui correspond à ses compétences, à ses diplômes, à sa probité morale, à son expérience, c´est cela la Méritocratie, et non parce qu´il a des accointances quelconques dans tel ou tel milieu. La Province a besoin de ses meilleurs fils et filles pour son épanouissement.

La Province du Bandundu attend beaucoup de l’Etat RD-Congolais, mais la Province devra également entamer sa révolution culturelle si elle veut se relever. Province de débrouille, Bandundu est aussi la Province du passe-droit, du clientélisme élevé en système. Voilà pourquoi le gouverneur de la province nouvellement élu, a institutionnalisé par décret, la lutte anti-fraude. Aujourd’hui, un bon piston est souvent plus efficace au Bandundu et/ou en RDC qu’un diplôme, qu’une compétence, que le fait d’avoir fait ses preuves. Cela ne pousse pas à l’exigence, à l’effort. Ce n’est pas de la sorte qu’on rendra service au citoyen. Cette culture pousse à la facilité et à l’injustice dans tous les secteurs d’activité.

Au Bandundu, les gens sans piston s’en plaignent. Lorsqu’il s’agit de décrocher un petit boulot, certains connaissent plus de spéculateurs capables de les appuyer. Ce n’est pas un destin. Les Bandundois ne sont pas condamnés à cette caricature dégradante. Ils ont besoin que les mœurs changent et, que l’Etat les aident à se débarrasser de ces méthodes qui les plombent.

A Vienne/Autriche, Professeur Ndona Kayamba Roger
PAS D'OBSTACLES INSURMONTABLES A DÉVELOPPER L'AGRICULTURE A BANDUNDU
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Bandundu est la ville où la faim et la pauvreté s’observent au premier coup d’œil. Comment est-ce possible ? Notre expertise a fait un constat.

Selon « NutriCong », le Centre de Recherche & de Développement Agricole qui visionne d’une agriculture d’avenir, la faim et la pauvreté à Bandundu-Ville sont à des niveaux "alarmants". Or, Bandundu est assis sur des potentialités inégalables quant à ce qui concerne l’agriculture. Seule cette source peut résoudre les problèmes du développement de cette ville et ses environs.

Bandundu ne souffre pas d’une certaine raréfaction des terres cultivables ni des rivières pour produire ses propres denrées alimentaires. Pourtant cette ville subie la plus forte détérioration de son développement.

Si certaines villes du pays doivent faire face à une entrave des champs en raison de l’accroissement de la population rurale ou de l’austérité, comment peut-on mourir de faim dans une contrée étendue et normalement fertile comme Bandundu, dont seules moins des terres disponibles et arables sont cultivées ?

D’après « NutriCong », il en ressort que la faim et le sous-développement dans cette ville résulte essentiellement de la mauvaise gouvernance et de la mentalité même des populations qui la composent. Un changement de la politique et de la conscience est urgemment souhaité.

Les populations de Bandundu souffrent de faim, de sous-alimentation et de pauvreté. Que Bandundu importe des aliments de l’extérieur pour se nourrir est un paradoxe, pourtant elle est entourée de trois grandes rivières potentiellement poissonneuses et dotée d’un sol exceptionnellement arable.

La question que l’on se pose : Quelle est la part de l’agriculture dans le budget provincial ? Si la province n’investit pas plus, cela n’ira jamais. La part des autorités municipale et provinciale doit être remarquable pour ne pas paraître faible et prédateur vis-à-vis du gouverné. Pour qu’il s’en sorte, les routes doivent être refaites et durablement entretenues, l’électricité déjà disponible doit avoir un début des solutions pour industrialiser la ville. Pour que la ville éminemment agricole augmente les rendements, les problèmes d’intrants (engrais, insecticides, etc.) et l’utilisation de variétés plus productives apportant des régénérants extérieurs et de techniques de culture modernes performantes doivent être résolus.

Bandundu ne manque de rien, le potentiel en la matière est incomparable, la population dynamique et robuste et, les ressources abondantes sont à la portée de la ville. Ce sont les atouts incontestables, capables d’anéantir l’insécurité alimentaire et la pauvreté.
Cela étant, il n’y a pas d’obstacles insurmontables à développer l’agriculture à Bandundu pour passer du statut d’importatrice à celui de productrice grâce à une politique intelligente.

Les habitants de Bandundu (du moins ceux qui ont assistés au colloque des intellectuels à la paroisse St. Hyppolite et les étudiants) sont sans doute conscients du rôle constructif de l’agriculture dans le développement et la lutte contre la pauvreté de leur ville. Ils conviendront qu’il ne peut y avoir, à longue échéance de développement de leur ville sans agriculture dynamique, et qu’une gestion publique saine et une administration efficace sont tout aussi nécessaires.

L’influence de l’agriculture sur le développement n'est plus sujet à controverse, nombres des études réalisées sur l’agriculture dans le monde en font foi. Il est donc impossible pour la ville de Bandundu de se soustraire si elle veut vraiment se développer. Bandundu doit faire en sorte que ce qui se produit sur son sol se retrouve dans tout le pays et voir l’Afrique et le monde. Ainsi, la mobilité des revenus sera élevée.

Pour que cela suscite une grande attention, l’université et les instituts supérieurs implantés à Bandundu, le gouvernement provincial, la banque mondiale et les organisations humanitaires doivent faire cas du rôle de l’agriculture dans le développement, car celle-ci crée des emplois, augmente des revenus et offre des biens et des services de qualité supérieure et moins onéreux.

Voilà comment Bandundu parviendra à sortir de la famine et de la pauvreté. Les enquêtes de « NutriCong » auprès des ménages ont montré que la réponse réside à la prise de conscience de la politique sociale et au changement de mentalité pour une l’agriculture durable.

Pour NutriCong,

Professeur NDONA Kayamba Roger



L’AGRICULTURE AU SECOURS DU DÉVELOPPEMENT DE LA RD-CONGO
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Quelles stratégies de lutte contre la pauvreté?

Plusieurs écrits, conférences et forums ne cessent de confirmer que l’agriculture constitue la priorité absolue du développement d’un pays. Mais la situation actuelle de la République Démocratique du Congo en ce domaine n'incite pas à l'optimisme : dans le secteur agricole où plus de la moitié de la population ne vit que de la paysannerie, la pauvreté est criante. Du point de vue du développement humain, ces individus sont totalement privés de possibilités de choix et d’opportunités qui permettent de mener une vie décente. Depuis des décennies, la politique congolaise d’encadrement de la masse paysanne empêche son épanouissement.

Pour remédier à cet état de fait, la RD-Congo doit évaluer concrètement les programmes de lutte contre la pauvreté en usant des méthodes révolutionnaires propres à son environnement sociologique des méthodes qui permettent de répondre à de nombreuses questions telles que:

- comment rendre plus efficace l’encadrement des paysans congolais ?
 
- comment améliorer le bien-être de ces hommes et femmes à moindre coût ?
 
- comment lutter contre l’exode rural et comment privilégier la sédentarisation des paysans ?


L’agriculture est la réponse à cette série des questions. Elle est le préalable non seulement au bien-être social, mais aussi à la liberté de tout un peuple. En effet, en dépit du rétablissement de certains équilibres macroéconomiques et malgré les discours politiques volontaristes, la pauvreté persiste et n’a pas reculé d’un pouce en RD-Congo. Il nous faut donc nous rendre à l’évidence, que les stratégies suivies jusqu’à présent n’ont pas produit l’effet escompté. La croissance économique exclusive ne suffit donc pas pour lutter contre la pauvreté. A défaut de l’éradiquer à jamais, ne faut-il pas s’atteler à la réduire ?
Comment s’y prendre ? Posons quelques jalons.

Les congolais, toutes générations confondues, se souviendront que depuis des années, le rêve de tous ses dirigeants est de faire de la RD-Congo « un territoire sans pauvreté». Les années Mobutu affichaient ostensiblement sa préoccupation pour la thématique de la lutte contre la pauvreté, pour faire du Zaïre d’alors « un grainier de l’Afrique ». Les législatures Kabila père et fils ont fait entrer la lutte contre la pauvreté dans leurs discours et leurs pratiques de développement. Aujourd’hui, au moment où se mettent en place les institutions issues des élections du 28 novembre 2011, le thème doit être transformé en véritable leitmotiv consensuel de toutes les provinces du pays pour son développement. C’est notre souhait le plus ardent.

De cette vision de la problématique de la pauvreté telle qu’elle se pose dans notre pays découlent deux observations logiques. Il s’agit d’une part de relever la dimension politique de la pauvreté à partir de laquelle toute politique de développement doit être construite. Il s’agit d’autre part de souligner l’intérêt que représentent, par rapport aux législatures passées, les ouvertures politiques et sociétales qui doivent intégrer les critiques formulées à leur égard dans les nouvelles stratégies à mettre sur pied contre la pauvreté.
Mais, avant de poursuivre notre plaidoyer, arrêtons-nous un instant et demandons-nous :

• Pourquoi sommes-nous pauvres ?

• Pourquoi la RD-Congo est si pauvre ?

• Est-ce parce que le congolais a toujours eu de faibles revenus ?
 
• Est-ce par manque d’instruction et de mauvaise santé ?

 
Non, c’est plus le système d’inégalité, les défaillances des programmes d’instruction, les barrières sociales, les vulnérabilités des personnes, l’ignorance des cultures et de la dignité humaine par ses autorités. S’y ajoutent les conséquences des conflits, la désarticulation du système économico-social issu directement d’une désarticulation entre l’autorité de tutelle et la population agricole paysanne.

Autrefois, le paysan congolais était fortement impliqué dans l’agriculture substantielle et industrielle étroitement elle-même liée aux conditions d’émergence de la Nation Congolaise en 1960. Aujourd’hui, cette situation est très paradoxale. D’une part, c’est le paysan le plus performant du continent qui a su hisser le pays au rang de grands producteurs agricoles mondiaux par l’émergence d’une culture paysanne très vivace en mode d’organisation autour de la famille élargie. Mais, cette culture paysanne a été bloquée dans son développement matériel par un Etat oligarchique qui ne privilégie que les intérêts personnels. D’autre part la crise d’emploi créée par l’inadéquation de la politique agricole constitue une des causes majeures de la crise sociale paysanne, la pauvreté au sens physique du terme.

Comment en sortir ?

Pour réduire tant soit peu la pauvreté en RD-Congo, les autorités ont l’obligation de dresser un programme stratégique pour cela. Ce programme ou feuille de route permettra de parvenir à des résultats qui bénéficieront aux paysans. Une telle stratégie donnera une perspective globale à long terme d’un développement harmonieux et durable qui contribuera à l’éradication de la pauvreté.
(Lire : « Légitime ambition » sur http://www.uniband.org ).

Pour parvenir au développement durable, il faut des grandes infrastructures rurales qui permettront le désenclavement des zones rurales - la connexion avec les villes. Ce sont ces infrastructures qui détermineront dans une large mesure les coûts de commercialisation et par conséquent, réduiront sans forcer les choses, l’exode rural au profit de la sédentarisation des paysans. C'est dans les routes de desserte agricole, les grands axes routiers, les voies fluviales, les ponts et les bacs que doit aller le gros des investissements. Suivra ensuite le développement de la masse paysanne et de fait l’anéantissement de la pauvreté.
 (Lire : « Au Combat pour endiguer la malnutrition en RDC » sur http:// www.congoforum.be ).

La stratégie que nous proposons pour assurer une éradication durable de la pauvreté s’articule sur les volets suivants :

1. les conditions préalables :

a) Assurer un recensement systématique des groupes des spécialistes et experts congolais : des agronomes, du plus jeune au plus vieux encore actif, et ainsi chercher à remettre leurs compétences techniques au service de l’agriculture congolaise.

b) Recenser toutes les plantations et unités d’exploitations agricoles partout en RD-Congo, toutes les plantations industrielles et semi-industrielles étant en jachère forcée depuis des décennies.
 
c) Réhabiliter toutes ces plantations en mettant des compétences à leur service tout en évitant les erreurs de la fameuse zaïrianisation.

d) Créer des filières agricoles viables. La vision des filières agricoles en République Démocratique du Congo repose avant tout, en l’engagement organisationnel de la Filière elle-même en vue de disposer, à terme, des instruments essentiels de planification, de gestion et d’aide à la décision susceptible d’asseoir des stratégies efficaces de développement, répondant au mieux aux aspirations socio-économiques des producteurs, expéditeurs, grossistes, distributeurs, détaillants et des consommateurs.
(Voir : « Un mot sur la filière agricole en RDC » sur http://www.uniband.org ).

2. Les secteurs prioritaires :

Réduire la pauvreté de façon significative signifie prioriser les secteurs clés de productivité du ressort agricole. Les secteurs prioritaires en ce qui concerne l’agriculture concerne les types des cultures qu’il faut obligatoirement réhabiliter (sic).
Il s’agit ainsi des cultures :
 
a) pérennes qui sont surtout des cultures d’exportation. Elles ont jadis fait et peuvent aujourd’hui encore refaire notre bonheur :

I. L’hévéa, dont les grandes plantations se trouvent à l’Équateur : Elongo, Boango, Bosinga, Watsi etc.

II. Le palmier à huile à Masi-Manimba, Lusanga, Mokamo dans le Bandundu, Yokamba, Bokoli, dans la Tshapa et Bengamisa dans la Tshopo, Ebomba et Yaligimba dans la Mongala… (en 1958, la RD-Congo est premier exportateur mondial de l’huile de palme)

III. Le café dans presque toute la RD-Congo

IV. Le thé dans les Kivu

V. Le cacao dans le Bandundu et la Province Orientale

VI. L’ananas et la banane

Production (tonnes) des cultures pérennes au Congo en 1958

                                 Production       Production       Total       Exportations       % de la valeur totale des
CULTURE              industrielle       familiale                                                        exportations De la RDC

Caoutchouc                        33.279                      3.576                    36.855             35.855                                     4,13
Huile de palme                  74.680                   11.337                  222.879 (2)    164.513                                   12,51 (3)
Cacao                                     4.782                           19                       4.801               4.878                                     0,98
Café robusta                       38.779                      6.608                    45.387            43.580                                     8,20
Café arabica (1)                   7.281                    19.166                    26.447            26.579                                     5,47
Thé                                           2.523                              9                      2.532               2.465                                     0,39

Source: Van de Walle, Essai d'une planification de l'économie agricole congolaise, INEAC, Série technique No 16, Yangambi, 1960
(1) y compris le Rwanda Urundi
(2) y compris la cueillette des palmiers naturels
(3) y compris les fruits de palme et noix palmistes

b) vivrières (manioc, maïs, riz, arachide, haricot, soya, banane et plantain, pomme de terre, blé, canne à sucre…) dans toute l’étendue de la RD-Congo

c) maraîchères dans tout le pays et avec un point focal dans les Kivu

d) autres cultures : le coton, la canne à sucre, etc.

Toutes ces cultures sont aujourd’hui à l’abandon depuis la période du pays-zaïre (sic).

Et donc :

La volonté politique de lutter contre la pauvreté dans le milieu paysan doit être présente en RD-Congo. Ceci est fonction de résolution des problèmes d’ordre technique, de manque d’argent mais également des problèmes tels que la corruption ou les mentalités qui sont à l’origine des résultats souvent trop faibles des politiques publiques ou des réformes entreprises dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. En réalité, même si la volonté politique et les stratégies ne manquent pas, ce sont souvent le manque de moyens et l’application effective de ces politiques qui font défaut.

Pour cela :

Il faut établir un plan. Ce Plan doit être basé sur l’objectif de palier la crise économique, de garantir l’accès des paysans aux services de base dans un système démocratique consolidé, dans un exercice décentralisé du pouvoir public et un Etat de droit renforcé. Ainsi, le développement agricole est nécessaire et sera encouragé par le biais de distribution de terres et la livraison d’engrais à de petits agriculteurs, la fourniture des machines et d’équipements agricoles. Cependant, pour pouvoir réduire la pauvreté dans les milieux ruraux, le Plan devra tenir compte de la diversification des activités économiques dans les secteurs ruraux. Ainsi, pour parvenir à réduire la pauvreté, le gouvernement devra proposer d’agir sur la base de plusieurs principes :

• Réorientation des fonds publics vers les secteurs ruraux les plus pauvres

• Gestion publique efficace et transparente en matière de prélèvements fiscaux et de rationalisation des frais publics

• Décentralisation des services de l’Etat.

• Participation des citoyens pour garantir l’efficacité de la gestion publique.

3. la mobilisation des ressources.

Et enfin :


Par une démarche consensuelle et un contrat de solidarité, la RD-Congo doit aboutir à une stratégie fiable, réaliste et pragmatique. Elle doit donc fonder sa vision d’éradiquer la pauvreté en ce que les fruits de la croissance reviennent à tous. Il faut subséquemment que les congolais agissent ensemble et dès à présent, en se souvenant que la pauvreté est le produit de plusieurs facteurs, qu’il est possible d’identifier et de combattre.

En effet, si nous congolais n’arrivons pas à nous unir autour d’une initiative capable de réorganiser définitivement notre pays et d’améliorer durablement la vie de ses habitants, nous perdons d’avantage une occasion qui ne se représentera pas de sitôt. Le Congolais doit oser lutter et oser vaincre pour s’en sortir.

La lutte contre la pauvreté en Rd-Congo doit être l’affaire des congolais d’abord. Ils le peuvent à la stratégie qu’ils adopteront pour la réduction de la pauvreté. Et cette occasion leur est offerte de belle manière par le biais de l’agriculture.

La pauvreté ne peut donc pas être utilisée par les gouvernants congolais comme un instrument pour asseoir leur domination, mais comme un phénomène social à éradiquer, ce qui est une question de légitimité, de dignité et de liberté.

La RD-Congo à travers ses autorités doit ressentir la nécessité de prendre en compte la pauvreté de la masse populaire, d’une part pour une question de justice, et, d’autre part, pour que cela puisse servir l’émergence d’un système de développement social.

La RD-Congo n’a pas besoin des pauvres pour justifier son existence et son engagement, mais elle a besoin d’être efficace dans sa lutte pour la réduction de la pauvreté. Pour ce faire, elle doit mettre directement en place un certain nombre de projets spécifiques capables d’apporter un soutien direct aux plus pauvres. Il s’agit des projets dont le but est d’effectuer des transferts directs au bénéfice des familles les plus pauvres parmi la population, en milieu rural comme en milieu urbain.

En RD-Congo, il n’y a pas que le diamant, l’or, le cobalt, le cuivre, le coltan, etc. qui peuvent amener au développement du pays. L’agriculture a été une source de revenu non négligeable de nos populations avant et pendant la colonisation. La réorientation des efforts vers une agriculture soutenue est donc l’une des voies de sortie de la pauvreté.

Nous espérons que cette contribution va aider à établir l'état des lieux. Ensemble avec l’aide et l’engagement de tout le monde, gouvernement, populations et experts, on peut parvenir à anéantir voir à réduire sensiblement la pauvreté en RD-Congo.

A Vienne/Autriche
Professeur Dr. Ndona K. Roger
Chercheur,
Expert en production végétale
UN MOT SUR LA FILIERE AGRICOLE EN RDC
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(Réaction à la demande formulée lors des assises sur la sécurité alimentaire en RDC, Kinshasa 29 juin 2011)
                                                                                                                                                                                Par Dr. NDONA K. Roger
 
Tenant compte des préoccupations et des questionnements du moment sur la filière agricole en RDC, nous avons privilégié les problématiques génériques en nous appuyant sur la définition de la filière pour appréhender le fonctionnement global des filières sur ce que doit être son mode d’organisation, avant de donner quelques conseils à qui de droit.

L’agriculture est un secteur globalement porteur d’activités diverses. Elle prend en compte les modes de coordination des échanges, les notions des marchés et les rapports de force entre groupes d’acteurs économiques et socio-institutionnelle. 
MARCHE CENTRAL DE BANDUNDU-VILLE : ETAT ET INSALUBRITE
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L’enceinte, qui héberge le marché de la ville de Bandundu, est en si piètre état que des marchandises vendues sont aussi condamnées à l’insalubrité et par conséquent impropres à la consommation humaine.
Depuis de nombreuses années, les marchands ont fini par faire leur la vente des denrées alimentaires à même le sol ou sur des étagères en bois souvent en état de décomposition avancé. La situation a atteint un degré tel qu'il est impossible à l’autorité d'y prendre une moindre décision pour rendre le marché de Bandundu salubre.

«Ce n'est vraiment pas agréable comme milieu où l’on puise l’énergie de vie. On paie pourtant les taxes du marché sensés résoudre les problèmes tant de l’insalubrité que de maque de place», reconnaissent des nombreuses vendeuses.
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Des toilettes et de l’eau potable manquent avouent le vendeur Teddy Nzey et madame Beya Mabwa, nous réclamons des nouveaux marchés à travers toute la ville, renchérie la vendeuse Anny Mwenga en un français limpide : « Nous voulons le modernisme pour notre ville, que les étrangers qui visitent cette ville sentent et aperçoivent que nous vivons dans un monde moderne comme eux ». Un autre groupe des vendeuses placé à 20 m de nous crie en haute voix : « Nous vendons dans cet état parce qu’il n’y a pas de volonté politique, que fait-on de nos taxes ? Pourquoi personne d’entre les autorités urbaines et nationales ne se soucie de la ville de Bandundu ? Pourquoi toutes les autorités nous tournent-t-elles le dos ? Personne alors personne n’a le moindre souci de nettoyer de fond en comble et de faire disparaître toute trace d’insalubrité ne fut-ce que temporairement ».

L'édifice en entier est vétuste et trop étroit pour héberger tous les vendeurs du marché central de Bandundu-ville. Des centaines des marchands rencontrés ce mercredi 30 mai 2012 dénoncent la situation.
«La qualité de l'air et l’exposition par terre des marchandises sont souvent insalubres, peut-on entendre de leur bouche. La concentration des personnes dans ce marché est telle que des accolements entre marchands et clients provoquent des maladies pouvant amener des problèmes de santé respiratoire, alimentaire et de la typhoïde dans la ville.»

Cette situation est très décriée et, des travaux d'urgence sont réclamés auprès des autorités urbaines et provinciales.
Le pavillon marché central de Bandundu a été construit au tournant des années coloniales. Il s'agit en fait d’une vieille bâtisse édifiée pour la centaine des personnes que composait la ville de Bandundu alors Banningville de l’époque.
Au jour d’aujourd’hui, la ville de Bandundu compte des milliers d’âmes selon certaines statistiques.

Un marché périphérique a été aménagé à proximité du stade dans la commune de Mayoyo, de façon à désengorger et résoudre les problèmes tant critiqués par la population entière au niveau du marché central actuel.

Il devrait normalement être déménagé dans le nouveau marché de la commune de Mayoyo, mais il faudra encore plusieurs années avant qu'il ne voie le jour.
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Ras-le-bol

En attendant, les vendeuses et les vendeurs en ont ras le bol. «L'état actuel du bâtiment est délabré, malpropre et inacceptable comme lieu de vente des denrées alimentaires», dénoncent la population de Bandundu.
De fait, une visite des lieux permet de constater la vétusté des lieux. Tant les pavillons que les toilettes et les alentours sont en mauvais état. Ce marché ressemble à un phare-ouest où les creuseurs des pierres précieuses se côtoient sans promiscuité.

La population se demande si l’autorité urbaine est au courant de la situation. Il ne suffit pas être vendeur pour constater l'ampleur des dégâts.

La toiture est délabrée. Des tôles sont arrachées quand il pleut. Des coulisses noires courent le long des murs. Autour du marché, une odeur nauséabonde et perpétuelle envahie le marché non seulement à cause de pourrissement des poissons (il n’existe d’ailleurs aucune chambre froide au marché), mais surtout à cause de l’insalubrité généralisée.
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Lors de notre passage, deux femmes vendeuses nous ont interpelés en disant : « regardez la toiture, regardez les murs et les étagères, filmez-les et montrez les à la télévision pour que cela interpelle les autorités urbaines ».

 Effectivement, on distingue clairement des trous et des souillures dans les murs. Malheureusement, nous ne sommes que des scientifiques –chercheurs, nous ne pouvons que constater et rapporter le fait.

«Ce n'est vraiment pas agréable comme milieu où l’on puise l’énergie de vie. On paie néanmoins les droits du marché sensés résoudre les problèmes tant de l’insalubrité que de maque de place», reconnaissent des nombreuses vendeuses (sic).
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Surpeuplement

L’augmentation de la population de Bandundu fait que les vendeurs au marché sentent encore davantage serrer. «On se retrouve environ 2000 dans un marché qui pouvait contenir 100 personnes. On doit scinder le marché à autant des communes et aussi parfois des quartiers que compte la ville», ajoute une vendeuse des poissons frais étalés au sol.

Les ruelles du marché sont aussi étroites. Les vendeuses et vendeurs en surnombre s'assoient le long des de leurs marchandises pour profiter des ombrages des étagères désuètes des autres vendeurs parce que la chaleur est énorme.
«Il fait trop chaud, ce n'est pas propice à la vente de la nourriture», explique Madame Mampia, également vendeuse.
Fatigués de leurs conditions, le personnel, les vendeurs et les vendeuses attendent que les autorités urbaines mettent des moyens en place pour corriger la situation.

A Bandundu

Professeur Ndona Kayamba Roger
Chercheur
Expert en production végétale
&
 Mukulayenge Michel
Assistant
© UNIBAND, la dernière mise à jour, février 2014